Notre mémoire peut mélanger les histoires qui nous ont été racontées à nos véritables souvenirs. Mais notre nez ne nous ment pas.

Chaque personne construit des souvenirs plus ou moins proches de la réalité. Nous vivons des expériences de façon subjective, nous mémorisons les événements qui nous ont marqués, et si on y ajoute des informations extérieures, celles-ci peuvent se mélanger et donner naissance à un nouveau souvenir. C’est le cas, par exemple, lorsque nos parents nous racontent plusieurs fois une expérience qui nous est arrivé quand nous étions petits. A force de l’entendre, nous avons l’impression de nous rappeler de chaque détail très précisément.

La mémoire serait donc une région du cerveau qui se modifie et qui évolue en permanence. Dans une vidéo (en anglais) sur la chaîne YouTube Life Noggin, des scientifiques expliquent comment nos cinq sens, et en particulier l’odorat, peuvent nous aider à faire des voyages dans le temps et à replonger dans le passé. Ce type de souvenir est habituellement plus intense et plus précis que ceux liés aux photos ou aux objets.

 

Ne pas se fier aux albums

Les chercheurs qui ont étudié la question expliquent ce phénomène par une réaction du cerveau. Le centre de gestion de l’odorat est connecté à deux structures cérébrales liées à la mémoire à long terme et aux émotions : l’hippocampe et l’amygdale. Les images, au contraire, ne nous offrent pas de souvenirs fiables. Plusieurs études ont prouvé qu’il est très facile de construire ou changer un souvenir grâce à une photo modifiée. Il serait donc plus facile d’identifier les vrais souvenirs en se basant sur l’odorat plutôt que sur un album de famille !

La bonne nouvelle est que les travaux menés à ce sujet permettent de mieux comprendre et mieux traiter les cas de démence. La thérapie par réminiscence, expliquent les auteurs de la chaîne Life Noggin, basée sur les souvenirs de musiques, histoires, images et autres, améliore l’humeur et l’état mental des patients.

Santemagazine

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