Prendre un traitement hormonal substitutif permet au moment de la ménopause de réduire les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et la sécheresse vaginale. Mais ce n’est pas anodin. Convient-il à toutes les femmes ?

Le traitement hormonal de la ménopause agit efficacement sur les symptômes gênants de la ménopause. Il doit toutefois être réévalué tous les ans.

Préférer les œstrogènes qui s’appliquent sur la peau

Les œstrogènes sont proposés sous la forme de gel, de patch ou de comprimés. On applique le gel tous les jours à même la peau, en évitant les seins et le visage, sans masser. Le patch est, lui, un timbre imbibé d’hormone à coller sur la peau (sur la fesse, le buste, le haut de la cuisse ou du bras) et à renouveler deux fois par semaine. L’un et l’autre présentent l’avantage de ne pas augmenter le niveau sanguin de cholestérol et de triglycérides. Surtout, l’étude française E3N, menée sur 100 000 femmes nées entre 1925 et 1950 et suivies depuis 1990, a montré que la voie cutanée (gel, patch) est la voie d’administration la plus sûre.

Si le risque de caillot dans une veine (thrombose) augmente avec la prise d’œstrogènes par voie orale (comprimés), des études ont montré qu’il était quasi inexistant lorsqu’ils sont appliqués sur la peau (patch, gel).  Il semble que cela soit aussi le cas pour l’accident vasculaire cérébral. Sur l’infarctus du myocarde, son effet est encore débattu.

Plusieurs études ont montré que les traitements hormonaux de la ménopause augmentent le risque de cancer du sein, sauf s’il s’agit de l’association œstrogène par voie cutanée et progestérone bio-identique micronisée (réduite en minuscules particules) à condition de ne pas dépasser 5 ans d’utilisation. Néanmoins, même ce THM “à la française” augmente le risque de cancers de l’utérus et des ovaires.

Le traitement hormonal de la ménopause n’agit pas vraiment sur le poids

Selon le Groupe d’étude sur la ménopause et le vieillissement hormonal, le traitement hormonal ne fait pas grossir et peut limiter la prise de poids qui accompagne souvent la périménopause.

Toutefois, si le dosage entre la progestérone et l’œstrogène est mal équilibré, on peut prendre un petit peu de poids en début du traitement. «  Dans ce cas, le médecin réajuste le dosage  », rassure le Dr Marie-Agnès Koenig Loiseau, gynécologue

Il vaut mieux le prendre dès le début de la ménopause

D’abord, c’est le moment où les symptômes comme les bouffées de chaleur sont les plus fréquents et les plus sévères. Par ailleurs, les études sont assez claires : commencer en début de la ménopause réduit le risque d’effets indésirables.

«  Avant de le prescrire, on doit toutefois s’assurer que la ménopause est bien installée, indique le Dr Koenig Loiseau. Si les ovaires continuent de sécréter un peu d’œstrogène, un apport extérieur entraînera une hyperœstrogénie se traduisant par une tension des seins, des nausées, etc.  » Pour savoir si le moment est venu, soit le médecin vous prescrit un bilan hormonal, soit vous attendez douze mois consécutifs sans règles, signe d’une ménopause installée.

Il existe des contre-indications au traitement de la ménopause

Toutes les femmes ne peuvent pas prendre ce traitement hormonal. Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament, le traitement hormonal de la ménopause est contre-indiqué en cas de :

  • cancer du sein ou autres tumeurs hormonodépendantes comme le cancer de l’utérus,
  • antécédents de maladies thromboemboliques veineuses ou artérielles (phlébite, embolie pulmonaire, angine de poitrine),
  • hémorragie génitale d’origine inconnue,
  • maladie du foie.

Le traitement hormonal de la ménopause retarde l’apparition de l’ostéoporose

Sur le plan osseux, son bénéfice ne fait aucun doute : les œstrogènes freinent l’accélération de la perte osseuse survenant après la ménopause. Ainsi l’étude américaine WHI (Women Health Initiative), menée sur plus de 16 600 femmes durant plus de 5 ans, a montré qu’il réduisait le risque de fracture du col du fémur de 33 %, des vertèbres de 35 % et des poignets de 29 %.

Pour autant, ce n’est pas le traitement spécifique de l’ostéoporose. Les femmes particulièrement exposées à un risque de fracture, du fait d’une faible densité minérale osseuse, d’antécédents de fractures chez elles ou de l’un de leurs parents, se verront proposer d’autres médicaments comme les biphosphonates.

Les bouffées de chaleur peuvent réapparaître à l’arrêt du traitement

Le traitement est prescrit pour la durée la plus courte possible et il est fortement conseillé de l’arrêter au bout de 5 ans. Mais chez 40 % environ des femmes de plus de 60 ans, les symptômes les plus gênants de la ménopause comme les bouffées de chaleur persistent. Une étude américaine parue en 2015 a montré qu’elles durent entre 3,5 ans et 12 ans. Dans ce cas, le médecin évaluera le rapport bénéfice/risque pour – éventuellement – poursuivre le traitement hormonal.

Par ailleurs, une sécheresse vaginale peut apparaître plusieurs années après l’arrêt des règles, rendant les rapports sexuels inconfortables. Un traitement hormonal local, à base d’œstrogène, l’atténue efficacement.

Santemagazine

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