On peut le critiquer, débattre sur sa manière très dur au mal d’engager le débat politique, mais Moustapha Diakhaté est constant dans sa démarche. L’homme se veut un «politique vrai», un verbe tranchant aux antipodes du politiquement correct. N’en déplaise à ses pourfendeurs. Lui s’en fout des pesanteurs. Une attitude guerrière, voire suicidaire, qui fait que sa prise de parole est toujours épiée, mais également redoutée. Dans cette interview accordée à L’Obs, via mails, le député, comme à son habitude, aborde les questions de l’heure, avec cette singularité qu’on lui connaît : toujours dire les choses en face. Douzième législature, reconduction ou non de Niasse, démission du magistrat Dème, Législatives de juillet 2017, critiques contre la Première Dame, violence à l’Apr, Moustapha Diakhaté remet tout en surface.

 

 

Honorable, vous êtes le Président du groupe parlementaire de Bennoo Bokk Yaakar. Nous sommes à quelques mois de la fin du mandat des députés. Quel bilan tirez-vous de cette législature ?

Dans quelques mois, effectivement, prendra fin le mandat des Députés de la XIIème Législature. Durant les 5 années passées dans l’Hémicycle, j’ai pu mesurer  combien c’est exaltant, passionnant et valorisant d’être un Elu de la République, un Représentant du grand peuple du Sénégal. Cet insigne honneur n’est, du reste, pas de tout repos, du tout alors. Le bilan que je tire de ces 05 années de pratique parlementaire intense ? D’abord, la mobilisation des Députés, de la Majorité BBY, le levier parlementaire de la  majorité présidentielle, pour accompagner le Président Macky Sall dans la réalisation de ses engagements de construction d’un Sénégal émergent. J’ai aussi noté avec une grande satisfaction, la contribution décisive de l’Opposition et de certains Députés non-inscrits, pour que notre Assemblée nationale assume la plénitude de ses pouvoirs et occupe la place qui est la sienne dans le jeu des institutions de la République. Cela a été rendu possible grâce au respect des spécificités des uns et des autres. Ce qui nous a permis, à partir de nos différences, de faire jaillir des dynamiques à même de valoriser davantage le travail du Député et crédibiliser l’Institution. Ce ne fut guère facile. Et c’est cela toute la grandeur de l’exercice, la force de bâtir une Assemblée à la hauteur des attentes des Sénégalais. Ensuite, sous la XIIème Législature, notre Assemblée a réussi de grandes avancées démocratiques, qu’il me plaît de résumer ainsi qu’il suit : la traduction et l’interprétation des débats parlementaires en six langues nationales. Cette innovation majeure a fait sauter la ligne Maginot linguistique entre la langue officielle et les autres langues nationales. Désormais, un député qui parle sa langue maternelle est bien compris par tous ses collègues et son intervention retracée dans le journal des débats. A cela, il faut ajouter les séances de questions au Gouvernement qui représentent de grands moments de dialogues entre l’Exécutif et le Parlement. Dans le même temps, nous n’avons pu atteindre quelques-uns de nos Objectifs, ou aller jusqu’au bout de notre volonté de rompre d’avec quelques pratiques d’hier qui ne nous semblent plus en adéquation avec l’évolution de notre modèle démocratique, de l’état d’opinion et des Citoyens. Je pense, en particulier, à la quasi absence de constitution de commissions spéciales temporaires, notamment chargées d’une mission d’enquêtes, d’études, d’informations ou d’auditions. Mais, au bout du compte, la XIIème Législature a ouvert de grandes brèches, qu’il va falloir amplifier pour permettre une plus grande proximité entre l’Assemblée nationale et les Citoyens, pour réconcilier le Peuple avec sa principale Institution de Représentation.

 

Pourtant, certains de vos collègues insistent à dire que cette Législature a été la plus «nulle» de toutes. Que répondez-vous à cela ?

C’est une grave et inacceptable offense que de parler en ces termes injurieux et mensongers de la XIIème Législature. Celui qui a prononcé cette insultante sentence s’est révélé, de par son comportement de toujours, comme étant le député le plus vulgaire, le plus improductif, en somme le plus indigne Élu de la République du Sénégal depuis 1960. Son vocabulaire injurieux qui cristallise un mépris et une condescendance infondés, pose problème. De quelle analyse historique et politique de notre Assemblée nationale procède cette absurde conclusion ? Ah bon, la XIIème Législature serait plus «nulle» que toutes celles qui ont prévalu durant la période du «Monopartisme», durant laquelle l’Assemblée nationale était «Monocolore» ? Ah bon, la XIIème Législature serait plus «nulle» que la XIème, celle qui a procédé aux plus honteux tripatouillages des Lois et de la Constitution ? Ah bon, la XIIème Législature serait plus «nulle» que la XIème, celle qui a voulu légaliser l’illégitimité et poussa à l’insurrection citoyenne du 23 Juin 2011 ? Cette même XIème Législature qui a validé tous les coups de forces antidémocratiques et antipopulaires, tous les tripatouillages constitutionnels de Wade, l’amnistie des assassins Me Babacar Sèye ? Soutenir que cette Législature a été la plus «nulle» de toutes est une forfaiture morale et politique. Je viens de vous dire ce que nous avons fait, au point de pouvoir dire que la XIIème Législature, avec toutes ses limites objectives, affiche de hauts faits d’armes ! C’est à l’honneur de tous les Députés de cette Législature, à qui je rends un hommage appuyé. Ce député a manqué à son devoir «d’avoir à l’esprit, la dignité de l’Institution parlementaire», conformément à l’article 105 de notre Règlement intérieur.

 

Ne pensez-vous pas qu’il urge de légiférer sur, entre autres, l’absentéisme de certains parlementaires, les injures lors des plénières…pour donner plus de crédibilité à la fonction de député au Sénégal ?

Vous avez raison de mettre le doigt sur certaines de nos plaies. Je l’avoue. C’est pourquoi dès mon installation, en tant que Président de Groupe de la Majorité, j’ai engagé les collègues du groupe BBY, en collaboration avec l’opposition libérale et les non-inscrits, à mettre en œuvre les recommandations de l’étude du Professeur Ismaïla Madior Fall sur les réformes du Règlement intérieur et de l’Assemblée nationale. Et c’est tellement vrai que nous avons réfléchi, à partir d’expériences ailleurs vécues dans le monde, sur certaines mesures garantes de la vitalité de notre Institution et de la lutte contre l’absentéisme parlementaire, avec des sanctions, par de fortes retenues  sur les indemnités, en cas d’absence non autorisée. Personnellement, j’ai beaucoup aimé la méthode utilisée par M. Gérard Larcher, Président du Sénat français, pour lutter contre l’absentéisme. C’est vous dire que nous ne devons ménager aucun effort pour crédibiliser l’Assemblée nationale du Sénégal. Des pistes menant vers une Charte, un code de déontologie et d’éthique parlementaire renouvelées ou renforcées, de l’Assemblée, la création du statut de l’Elu et d’autres encore pourraient être explorées. Dans tous les cas, cela devra se faire dans un élan collectif et dans un esprit consensuel, voire de recherche de l’unanimité.

 

Président, être patron d’un groupe parlementaire est quand même très harassant. Quelle est l’affaire la plus difficile à laquelle vous avez fait face, durant cette législature ?

«Harassant», ne me semble être le terme approprié. Mais, et je le savais avant même d’être investi de cette charge, j’avais une haute idée des difficultés liées à cette fonction. Néanmoins, je me suis toujours appuyé sur ce proverbe arabe soutenant que «les épreuves difficiles ne nous brisent pas. Elles nous fortifient !» Vous savez bien que gérer les contradictions internes spécifiques à mon Parti (l’Apr), celles propres au Parti socialiste, à l’Afp, la Ld, bref aux sous-coalitions de la Coalition, sans oublier les Indépendants non-inscrits…, c’est très compliqué ! Toutefois, nous avons essayé d’assumer cette responsabilité, à nous confiée par nos pairs et par le président de la République, président de la Coalition majoritaire. Cette fonction nous a permis d’approfondir nos connaissances de l’institution, d’ouvrir de nouveaux espaces d’amitiés plurielles et de construction de nouvelles lignes d’orientation et d’action concertées, pour donner sens à une Coalition inédite dans l’Histoire de notre République. Nous sommes fiers du résultat obtenu. Car, jamais, sur aucune des questions centrales abordées à l’Assemblée, il n’y eut de contradictions majeures entre les composantes de la Coalition. Vous voyez bien que quelque éprouvante qu’elle est, cette fonction me paraît si fondamentale, qu’elle mérite tous les sacrifices, si tant est qu’on pourrait utiliser ce mot. Quant à certains propos tenus, sans pour autant en être partisan, je vous signale qu’il s’agit là de ce qui fait le charme des joutes parlementaires dans tous les pays du monde. Les propos ont été durs, vigoureux et à la limite de l’excessif. Mais, avouez quand même, qu’ils n’ont pas atteint le seuil de l’antagonisme générateur de graves dangers, pouvant toucher à l’intégrité physique des uns et des autres. Et puis, contrairement à la lecture que nombre de nos compatriotes font de ces évènements, les relations entre les Députés, de tous bords, sont des plus cordiales. Non l’Assemblée nationale n’a pas été une corrida, un open-bar, une borne fontaine, sous la XIIème Législature, comme ce fut le cas dans certaines périodes troubles de l’Histoire parlementaire du Sénégal.

 

Et quelle est l’affaire la plus aboutie que vous avez managée et qui vous a procuré une réelle satisfaction ?

Il nous a été donné de gérer de nombreuses questions, dont certaines ont connu des issues heureuses. Il s’agit, entre autres, de la Loi anti-tabac, de la lutte contre le nomadisme parlementaire et l’élaboration du nouveau projet de loi portant code de la presse. Toutefois, j’aurais bien faire aboutir la révision du règlement intérieur que nous avions entamée avec l’appui du Forum civil et Osiwa, de même que le respect par le Sénégal du Protocole de Maputo relativement à la légalisation de l’avortement, en cas de viol et/ou d’inceste.

 

Quelle est votre opinion sur le débat sur la reconduction ou non de Moustapha Niasse à la tête de l’Assemblée nationale ?

Poser cette question et en ces termes, me paraît malsain. Mais, permettez, avant de vous répondre, de saluer fortement le Président Niasse, Président de l’Assemblée nationale du Sénégal. Ecoutez, je pense qu’avant d’évoquer la «reconduction», parlons d’abord de Victoire. Je crois que les enjeux de ces Législatives de 2017 sont tels que nous devons gagner nettement et avec éclat, pour mettre fin aux rêves hallucinés et autres délires d’une Opposition du passé et dépassée par les grandes Réalisations du Président Macky Sall. Et je suis sûr que c’est cela l’axe politique du Président Niasse et de l’ensemble des composantes de notre Coalition. Consolidons donc notre unité organique, définissons ensemble, une Ligne électorale, dégageons ensemble, des stratégies électorales et mobilisons nous ensemble partout au Sénégal et dans la Diaspora, pour assurer au Camp du président de la République, une victoire sans bavure, préparant celle autrement plus importante encore, de 2019. La question de la reconduction ne poserait pas problème, surtout que le Président de la Coalition vient de renouveler toute sa confiance au Président Niasse !

 

Avez-vous déjà discuté de qui sera la tête de liste de BBY aux Législatives de juillet prochain ?

Non et je viens de vous en expliquer les raisons ! Nous refusons de faire une fixation sur cette question. Nous devons nous en référer au Président Macky Sall, comme en 2012. C’est lui, sans que Moustapha Niasse ne soit demandeur, qui avait demandé à ce dernier de diriger la liste de BBY. Et c’est également le Président Sall qui lui demandera de devenir président de l’Assemblée nationale. J’en suis persuadé, il ne peut y avoir de problèmes majeurs entre les composantes de notre coalition. Pour notre part, nous mettons l’accent sur un fait central : toutes les composantes de notre Coalition ont réaffirmé, avec force, leur volonté de participer à ces Législatives sous l’égide de Bennoo Bokk Yaakaar. C’est cette volonté affirmée et affichée qu’il va falloir traduire en acte politique commun, structuré autour du président de la République et du projet de construction du Sénégal émergent. Je ne me fais aucun souci. La Coalition tiendra le coup et remportera les Législatives.

 

Lors des Législatives 2012, l’Apr avait fait la part belle aux alliés. Votre formation politique est-elle encore prête pour le même sacrifice ?

Oui, je crois comprendre que vous faites allusion à la générosité du Président Macky Sall et à sa volonté de donner corps à sa vision politique fondée sur la prééminence de la Patrie sur le Parti. Cette rupture dans la perception et la mise en œuvre d’une Gouvernance patriotique et républicaine a débouché sur une situation inédite et originale de gestion du pouvoir au Sénégal. C’est ainsi qu’il faut comprendre ce qui s’est passé en 2012. Aujourd’hui, 05 ans après, il est clair que la donne politique a fondamentalement changé. Car objectivement, les Locales de 2014, les dynamiques qui ont affecté certains Partis et le scrutin référendaire du 20 Mars 2016 ont profondément modifié les rapports de forces entre les composantes de notre Coalition. Nous devons donc, nécessairement, tenir compte de toutes ces mutations, de la nécessité de préserver les grands équilibres, tout en les combinant avec la réalité du terrain politique. Ce sont tous ces éléments qu’il va falloir apprécier, avant de prendre une quelconque posture politique. A cet effet, certaines sorties portant sur des quotas et autres arrangements politiques, brouillent le jeu et perturbent les perspectives. Mais, en dépit des déclarations intempestives, des pressions et autres manipulations en tout genre, la Coalition prendra ses responsabilités, tout comme les mesures indispensables à une victoire sans équivoque, en 2017 et en 2019.

 

Est-ce que le Ps, aujourd’hui divisé, mériterait d’avoir le même nombre de députés qu’en 2012 ?

Non, il n’est pas juste de poser le problème en ces termes. Je vous rappelle cette vérité qui est que le Parti socialiste, est une des composantes majeures de notre Coalition, un de ses socles les plus solides et des plus sûrs. Le savoir dans une zone de fortes turbulences internes nous fait mal. Car, pour nous, tout affaiblissement du Parti socialiste est un coup dur porté contre la vitalité de notre Coalition. Sa place, en première ligne, dans le processus politique enclenché par notre Coalition, ne se mesure pas à l’aune de cette «crise», mais bien par ce qu’il est, ce qu’il vaut, ce qu’il apporte et pourrait davantage apporter à Bennoo et à la construction du Sénégal émergent. Autrement dit, le Parti socialiste qui a su relever de nombreux défis internes dans sa longue histoire, ne saurait perdre sa place dans le dispositif global de Bennoo et participera, avec nous, dans la bataille pour garantir à notre Coalition, une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, en Juillet 2017. Du reste, je remarque que cette situation concerne principalement, quelques acteurs politiques de sa frange dakaroise, plus que le Parti, dans son entièreté ! Dans tous les cas, nous cheminons et entendons toujours cheminer avec le Parti socialiste, dans notre quête d’avènement d’un Sénégal émergent à l’horizon 2035.

 

Président l’actualité, c’est aussi la démission du magistrat Dème du Conseil supérieur de la magistrature. Comment l’avez-vous vécue ?

Une démission sur fond d’attaque d’un magistrat à la légalité républicaine que j’ai apprise avec peine et colère. Une colère saine, bien sûr. Car, il est difficile à un Citoyen et acteur politique, adepte, comme nous, de l’Etat de Droit et des Valeurs de la République, d’agréer pareilles pratiques. Comment un Haut Fonctionnaire de son rang, très au fait des particularités liées à son statut de magistrat, peut-il s’autoriser pareilles sorties médiatiques ? A la limite, ce comportement surréaliste semble cacher un non-dit, des motivations autrement plus graves que l’on voudrait mettre sous le boisseau à une stratégie victimaire. Cette grossière attaque médiatique serait alors «préventive». Quoi de plus facile que de se réfugier derrière la Presse, pour se construire une «image de victimaire» qui masquerait des fautes lourdes ? Il n’y a pas, à notre avis, d’explication autre à cette sortie tonitruante. C’est incroyable ce que nous entendons de ce magistrat. C’est comme si ce magistrat n’a pas vécu sous Wade, l’une des périodes les sombres de notre histoire judiciaire et que les «faits» abordés semblent, à ses yeux, de grandes «découvertes» ! Sans entrer dans les détails d’un dossier pendant devant la Justice, force est de reconnaître l’exigence de faire respecter l’état de Droit dans toute sa rigueur. Il est inadmissible que des faussaires, sous-couvert médiatique, s’activent à agresser les principes élémentaires qui forgent leur statut et structurent la déontologie devant servir de socle à leur mode d’intervention.

 

L’Union des magistrats sénégalais (Ums) et Me Mame Adama Guèye ont fait des sorties pour le défendre…

Que l’Union des magistrats sénégalais tente de défendre ce magistrat me semble, dans le principe, tout à fait légitime. C’est une pratique normative en cours dans toutes les corporations. Mais, qu’un individu comme Mame Adama Guèye s’y emploie, est proprement ridicule et grave. Les conflits larvés, permanents et récurrents entre Me Guèye et les magistrats sont de notoriété publique et ses critiques, ses accusations de corruption contre la magistrature, sont d’une exceptionnelle virulence. Mais, comme il est de coutume chez les néo-politiciens et autres politiciens nihilistes de la dernière génération dont il demeure l’une des figures de proue, Me Guèye est adepte de la double bouche, de la valse en politique. Jamais de positions politiques de principe, mais exclusivement, des positions conjoncturelles, crypto-personnelles assumées ouvertement, à la mesure de la nouvelle race des «saisonniers politiques» qui peuplent notre espace politique. Non, Me Guèye est dans le déni permanent et son point de vue apparaît comme inepte et sans objet. Inutile d’en parler outre-mesure.

 

La Première Dame a récemment essuyé une salve de critiques. Les croyez-vous fondées ?

Non, je ne suis pas d’accord avec vous. La Première Dame n’a pas «récemment essuyé» aucune «salve de critiques», comme vous dites. Elle n’en a reçu que de la part d’un Tartuffe des Tropiques, enturbanné ou en cravate, suivant ses humeurs de maître chanteur tapis derrière les fausses lueurs ombrageuses de son Groupe de Presse. Le patron de ce groupe de presse ne pardonnera jamais à Macky Sall et à la Première Dame, de n’avoir jamais cédé à ses chantages abjects, à ses provocations grossières  et à ses connivences obscures et suspectes. Cet individu est devenu un serpent sans venin, une vipère qui a transmuté en couleuvre. Tous les Sénégalais connaissent  ce Serigne Cfa, son goût immodéré pour l’argent et ses combines multiples, pour ne point lui accorder une quelconque importance. Alors, nul besoin d’en rajouter…

 

L’actualité est dominée par le rachat de Tigo par l’homme d’affaires sénégalais Kabirou Mbodje. Comment avez-vous accueilli la nouvelle ?

Je pense que les deux évènements de ce début d’année que sont la chute du dictateur Yaya Jammeh et l’acquisition de Tigo par notre compatriote Kabirou seront inscrits en lettres d’or dans l’histoire du Sénégal sous Macky Sall. Pour répondre à votre question, je commence par vous dire que c’est un grand sentiment de fierté. Tous les Sénégalais doivent féliciter et encourager Monsieur Kabirou Mbodje pour ce rachat. C’est la preuve que le pays avance et que le Sénégal émergent est en marche. En tant que député du peuple, je me réjouis d’une telle nouvelle et du fait qu’un Sénégalais puisse racheter une licence de téléphonie. C’est pour cela que nous travaillons à l’Assemblée pour créer un cadre législatif favorable aux investissements et aux affaires. J’invite le Gouvernement à l’appuyer et à l’aider. Le Président Macky Sall et son gouvernement sont favorables à de telles initiatives et je sais que Monsieur Mbodje peut compter sur un soutien sans équivoque du Président Sall, de son équipe gouvernementale et sa majorité parlementaire.

 

Honorable, la situation politique nationale est marquée par la violence dans les rangs de l’Apr, que vous inspire ce phénomène ?

Ce phénomène ne m’inspire que dégoût. Un parti politique n’est pas une résidence pour voyous. Je dénonce et condamne toutes ces formes de violences notées un peu partout au niveau du parti. C’est inadmissible. La politique dans une démocratie, comme la nôtre, n’a rien à voir avec la violence. C’est pourquoi j’invite le parti à prendre toute la mesure des périls qui menacent son unité, sa cohésion, mais surtout sa crédibilité. Il nous faut identifier, débusquer les auteurs, les commanditaires de ces comportements et les livrer à la justice. L’Apr n’a pas besoin de linges sales politiques en son sein. Tous ceux qui sont mêlés à ces violences doivent être sévèrement sanctionnés et mis hors état de nuire.

L’Observateur

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