Dr Moustapha Samb vient de recevoir le récépissé de son parti politique, Prad (Parti de la renaissance africaine et du développement). Accroché par nos confrères de  Senego, Pr Samb, Maître de conférence à l’Ucad (Cesti), a apporté, entre autres, des correctifs dans la politique du président Sall, il n’a pas manqué de se  prononcer sur les Législatives… Entretien !

Professeur Samb, vous venez de recevoir le récépissé de votre parti politique Prad/Sénégal. Quelles sont les ambitions immédiates et à long terme pour cette nouvelle formation?

Nos ambitions à court terme c’est de parachever notre maillage du territoire national. Nous avons fini avec le secrétariat, nous devons donc terminer le processus d’implantation nationale à travers tous les départements de notre pays et parachever l’organisation de notre parti. Pour les ambitions à long terme nous voulons faire de ce parti une des plus grandes formations de notre pays avec comme ambition légitime la conquête du pouvoir suprême.

Encore un autre parti Professeur, pourquoi ?

Parce que nous sommes des citoyens sénégalais et avons l’ambition de participer aux changements dont aspire notre peuple. Il est vrai maintenant que votre question pose en filigrane le nombre exorbitant de partis politiques au Sénégal. Cette question n’est pas simple et ne peut être réglée du jour au lendemain. Toute personne qui estime avoir la vision pour son pays et les moyens peut demander à créer un parti. Cependant, il faut souhaiter que ces partis politiques se regroupent pour une meilleure visibilité du jeu démocratique. Il faut à la fois légiférer, mettre des garde-fous et des critères de représentativité pour en arriver à de grands blocs de partis. Tout le monde constate la mort des idéologies mais cela n’empêche que des partis parviennent à se retrouver soit pour la conquête du pouvoir ou sa conservation. On peut en arriver à deux ou trois blocs seulement à l’instar de certaines grandes démocraties.

Comment comptez-vous travailler pour imposer la visibilité de votre parti sur l’ensemble du territoire national?

Nous sommes en train de travailler sur la question. On vient d’avoir le récépissé et à chaque jour suffit sa peine. Nous allons bientôt faire une tournée nationale pour rencontrer les populations qui sollicitent déjà leur adhésion au Prad, nous allons organiser tout cela sans oublier la composante médiatique qui accompagnera la visibilité de nos actions de terrain.

Quelle est la nouvelle orientation que votre parti va donner à votre compagnonnage avec la mouvance présidentielle ?

Les Sénégalais savent de notoriété publique que nous sommes alliés au président Macky Sall que nous continuerons d’accompagner pour la réussite de ses projets pour le Sénégal et pour l’obtention d’un second mandat. Tous ceux qui viennent au Prad savent déjà que nous sommes un parti de la mouvance présidentielle. Mais cette alliance de principe avec le pouvoir n’exclut pas l’autonomie du Prad qui est un parti libre qui a ses structures de base qu’il faut contacter à chaque fois qu’il y a de grandes décisions à prendre. Ce n’est pas la tête qui décide toujours. Nous avons des militants de base, nous avons des cadres et la gestion ne peut être que collégiale, démocratique et transparente.

Le parti ira-t-il seul ou en coalition aux élections Législatives de juillet 2017 ?

Le parti est en train de discuter ces questions, nous sommes ouverts pour des listes communes avec les forces politiques qui nous sont proches. Le parti vient de naitre on a aucune focalisation mais nous restons ouverts pour aborder les échéances à venir et c’est le parti qui a le dernier mot.

Qu’est-ce que vous attendez concrètement aujourd’hui du Président Macky Sall ?

Pour augmenter ses chances en 2019, le président Sall doit rassembler de manière inclusive tous ses alliés en sachant que la politique est d’abord une affaire de massification. Le Président a la majorité et il doit pouvoir s’en sortir. Les alliés doivent s’y prendre dès maintenant pour avoir une bonne majorité à l’Assemblée et réélire le Président en 2019. Les forces politiques doivent retourner à leurs bases pour entamer le travail de massification et de mobilisation.

Après les Législatives de 2017, quelles doivent être les grandes priorités du Président Macky Sall ?

Le président Macky Sall doit continuer à travailler, à voir ses nombreux projets prendre forme. Le meilleur allié du chef de l’Etat c’est son bilan. Il doit donc poursuivre à grands pas « le plan Sénégal émergent », faire le maximum sur l’emploi des jeunes, consolider les bonnes tendances sur l’agriculture, la Couverture maladie universelle, l’enseignement, les infrastructures et la diminution sinon la stabilisation des prix des denrées de première nécessité. Il doit développer beaucoup d’écoute et communiquer quand il le faut. Une communication doit toujours se faire quand la situation l’exige mais elle ne doit pas être une communication de réaction. Le souci doit toujours consister à éclairer l’opinion. Sinon, le silence est plus indiqué que certaines communications risquées. De toute façon, le président a de grands spécialistes à ses côtés pour faire ce travail.

Qu’est-ce qui manque aujourd’hui au Président Sall et qu’il faut immédiatement corriger avant qu’il ne soit trop tard ?

Le Président doit être toujours bien entouré. Il faut qu’il entende de temps en temps des conseils froids et sans passion qui collent avec la réalité même s’ils ne sont pas toujours agréables. Pour aider le Président, il faut lui dire certaines vérités pour qu’il puisse avoir une lecture claire de la situation et surtout lui permettre de rectifier à temps. Il n’y a aucune honte à reconnaître une erreur et à la corriger. Le Président doit aussi continuer à asseoir un bon climat avec l’opposition pour la bonne santé de notre démocratie et pour un processus électoral consensuel et apaisé. Le Président doit être au-dessus de la mêlée.

PARTAGER