À la suite de pourparlers entre la hiérarchie militaire et les mutins, le mouvement d’humeur des forces spéciales ivoiriennes s’est achevé jeudi sans que ces dernières n’obtiennent de concessions de la part du gouvernement, a indiqué un haut gradé de l’armée ayant requis l’anonymat. Selon lui, les militaires ont fait acte de contrition vis-à-vis de la population et des autorités.

« Nous nous sommes parlé entre soldats. Ils ont compris et regrettent de s’être laissé emporter. Ils ont présenté leurs excuses aux autorités (…) d’Adiaké et aux populations pour tous les désagréments causés », a affirmé cet officier supérieur. Depuis mardi, les soldats des Forces spéciales sortaient dans les rues en tirant en l’air pour « réclamer des primes« .

Interrogé sur les informations faisant état de la satisfaction des revendications des mutins, l’officier a répondu : « c’est faux ! ». « Il n’y a pas eu besoin d’accord, encore moins secret. Il n’y a eu aucune négociation avec le gouvernement », a poursuivi ce gradé ayant pris part aux discussions entamées mercredi entre la hiérarchie militaire et les mutins.

« On respire ce matin »

De son côté, une source au ministère ivoirien de la Défense a affirmé que « tout a été géré entre les mutins et leurs premiers responsables, le colonel Lassina Doumbia (commandant des forces spéciales), ainsi que le chef d’état-major de l’armée, le général Sékou Touré ».

Le calme était revenu jeudi matin dans la ville d’Adiaké, où commerces et écoles ont rouvert. « On respire ce matin. Depuis hier 15 heures, les tirs ont cessé (…) Les élèves ont repris le chemin de l’école. Je crois que les activités vont reprendre. Nous sommes très contents. J’ai même fait un tour en ville, les gens commencent à vaquer à leurs occupations », a raconté un habitant.

Les forces spéciales sont une unité d’élite de l’armée directement impliquée dans la sécurité proche du président ivoirien Alassane Ouattara. Elles bénéficient d’un statut spécial, chaque élément étant régi par un arrêté personnalisé qui lui accorde des prérogatives et des primes payées directement par la présidence de la République ou par l’Intendance.

Jeuneafrique