Communiqué de l’ASEPROK suite à la manifestation des jeunes de Kolda

A l’entame de mon propos je prie la jeunesse koldoise de bien vouloir croire à l’expression de notre indignation et de notre soutien indéfectible par rapport à ce qu’elle a subie hier et par le passé comme cela fut le cas avec la mort de Dominique Lopy suite à une bastonnade d’un agent de police en 2007 mais je l’appelle à plus de retenue et de modération en de pareilles circonstances car les biens saccagés sont rarement, voire jamais, réparés et, c’est nous qui en souffrons après.

Ensuite je rappelle qu’en vertu de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen repris en droit sénégalais que ” la garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée “.

Ainsi, envisagée sous son aspect fonctionnel, la  police, dans sa vocation administrative, a pour rôle, conformément à l’article 1er de la loi n° 2009-18 du 9 mars 2009 relative au statut du personnel de la Police nationale, d’assurer la protection des personnes et des biens, le maintien et rétablissement de l’ordre public et, la garantie des libertés, de la paix et de la tranquillité publiques entre autres.

Donc la police n’a pas à brutaliser ou à violenter un citoyen. Elle doit respecter la dignité humaine et veiller à l’intégrité physique et morale de tout citoyen  mais aussi à la sécurité de ses biens. C’est pourquoi nous dénonçons avec fermeté la bavure policière dont ont été victimes la dame et le conducteur de la moto Jakarta ainsi que toute autre forme de brutalité et d’injustice que nous inflige depuis belle lurette la grande majorité des agents publics à Kolda qu’il s’agisse des agents de police, de la sante, de l’éducation etc. qui font état d’un manque de conscience professionnelle notoire.

Nous exigeons que le dommage subi par les victimes soit intégral réparer et que l’agent responsable de cet acte de vandalisme soit administrativement et pénalement sanctionné.

Nous en avons marre de cette injustice dont est victime la population de Kolda sous le silence coupable des plus hautes autorités de ce pays et, nous exigeons d’être traités comme des humains car nous ne sommes pas des bêtes sauvages et d’être traités comme des sénégalais à part entière mais pas comme des sénégalais négativement à part.

Pour rétablir le déséquilibre énorme existant entre Kolda les autres régions du Sénégal, nous demandons à Monsieur le Président de la République d’être plus regardant par rapport à la situation difficile et précaire dans laquelle se trouve notre chère Kolda en faisant une discrimination positive à notre égard de sorte que Kolda ait, sur tous les secteurs de l’administration publique, un personnel en quantité suffisante et de qualité supérieure, accompagnée d’infrastructures modernes de dernière génération aussi bien en ce qui concerne le transport en nous dotant davantage de routes bitumées et des bus DDD pour assurer la liaison entre les différentes localités de Kolda que dans d’autres domaines tels que la santé ; l’éducation et la formation professionnelle afin de faciliter l’insertion des jeunes qui, faute de mieux, s’adonnent à l’émigration clandestine, aux motos Jakarta, à la coupe du bois ou à la délinquance etc. avec tout ce que cela implique comme conséquences néfastes ; les sports ; l’industrie et j’en passe.

Mamadou BALDE, Président de l’Association des Etudiants pour la Promotion de Kolda

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