Violences à l’UCAD : les étudiants de la faculté des lettres mettent le « feu »

Le recteur de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, Ibrahima Thioub, a annoncé, vendredi, des sanctions et d’éventuelles poursuites judiciaires, suite à des actes de vandalisme imputés à des étudiants de la Faculté de lettres et des sciences humaines (FLSH).

« Il ne s’agira pas de dissoudre à nouveau les amicales, ce qui relève de l’autorité des assemblée de facultés (…), mais d’identifier ceux qui ont porté atteinte à l’article 20 (loi sur les franchises universitaires) et de les punir conformément à la loi », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse.

Des échauffourées avaient opposé, vendredi matin, les forces de l’ordre à des étudiants de la FLSH qui réclamaient entre autres de meilleures conditions de travail, l’effectivité des cours, l’accès aux masters professionnels.

Les protestataires réclamaient également une justice diligente, dans le cadre de l’affaire bassirou Faye, du nom d’un étudiant de la même faculté, tué le 14 août 2014, lors d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre à l’UCAD.

Cette manifestation a eu comme conséquence « des violences et voies de fait sur le campus, à la FSLH en particulier et tout au long du tronçon de l’avenue Cheikh Anta Diop, avec l’obstruction de la circulation », a relevé Ibrahima Thioub.

Selon lui, l’assemblée de l’Université, réunie en conseil restreint dans la matinée, a donné mandat au recteur d’apporter « des réponses graduées et appropriées à la nature des agressions qui visent à installer l’institution dans des zones de troubles et de turbulences ».

Il rappelle que l’article 20 relative à la loi sur les franchises et libertés universitaires, stipule que « lorsque les étudiants s’abstiennent de suivre les enseignements par suite d’une décision concertée, ils ne peuvent à l’aide de violences, menaces ou manœuvres, porter atteinte a l’ordre public, au fonctionnement régulier des instituions universitaires ou au libre exercice par d’autres étudiants de toute activité universitaire ».

« Toute infraction aux dispositions du présent article entraîne des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’à l’exclusion définitive », a ajouté Ibrahima Thioub.

« Le problème, c’est qu’il ne s’agit pas de procéder à une punition collective (..), mais d’arriver à repérer ceux qui sont individuellement les auteurs des troubles et de les traduire en conseil de discipline et éventuellement avec des poursuites pénales », a expliqué le recteur de l’UCAD.

M. Thioub a précisé avoir pourtant rencontré les représentants des étudiants de la FLSH la veille, après avoir étudié leur plateforme revendicative, évoquant des avancées « appréciables » au terme de cette entrevue.