Un village de Casamance…Coupé du reste du Sénégal

Il faut aller sur place pour voir la galère que vivent les populations sénégalaises de la zone frontalière avec la Gambie. La zone traine retard de plus d’une vingtaine d’années correspondante à la période où le conflit casamançais a bouleversé les communes comme celles de Sindian, Djibidione et Oulampane. Les populations qui avaient fui vers la Gambie ont décidé de revenir au bercail à la faveur de l’accalmie. Mais il faut voir dans quelles conditions elles vivent pour se rendre compte que le mal était profond et ses séquelles sont encore là. Les efforts de la municipalité aidée par le conseil départemental de Bignona et des ONG et agences comme l’ANRAC sont insuffisants face à l’ampleur des besoins. Ces sénégalais vivent dans des maisons de fortune qui inspirent la pitié, leur source d’eau date de l’ancienne époque et les femmes et même les bêtes souffrent terriblement…  les écoles ressemblent à autre chose qu’un lieu où le savoir est enseigné. Les routes pour y aller sont,  à la limite, inexistantes. Pour y arriver, xibaaru s’est loué les services d’une moto jakarta et il fallait descendre à plusieurs reprises pour pouvoir traverser une flaque d’eau ou passer un endroit où il est impossible de rouler avec une moto. Demandez aux populations de Mantoro, elles vous diront qu’elles sont coupées du reste du Sénégal sans courant ni couverture de réseau téléphonique. L’état doit saisir vite cette main tenue des populations pour que la vie reprenne réellement dans cette zone.

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L.BADIANE pour xibaaru.com