Un Talibé mouride pris pour un gourou et arrêté

La fin de semaine dernière, les gendarmes de Saint-Louis en Ile de la Réunion avaient interpellé et placé en garde à vue Papa Amary Sané, trentenaire, d’origine sunugaalienne, qui vit avec 17 femmes dans une maison située non loin de l’église de Saint-Louis et dont les familles l’accusent d’être à la tête d’une secte, rapporte le site « clicanoo.re ». Mis en examen par le parquet du tribunal de Saint-Pierre, pour « abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse de personnes en état de sujétion psychologique ou physique », Papa Sané – le gourou présumé – a été placé sous contrôle judiciaire. Sa compagne, Farida, est poursuivie pour complicité. Amary Sané et sa complice ont été libérés mais placés sous contrôle judiciaire. Ils ont pour interdiction de se rendre sur le territoire de la commune de Saint-Louis et d’entrer en contact avec leurs présumées victimes. A la sortie du tribunal, c’est Me Julien Magamootoo, l’avocat d’Amary Sané qui a annoncé les charges retenues contre son client avant de déclarer : « Mon client est victime d’un problème de tolérance, de société ».
Il faut noter que 6 gendarmes sont toujours postés devant la maison afin de dissuader d’éventuels fauteurs de troubles. Parce que la semaine dernière, la colère de ces familles avaient provoqué trois nuits d’échauffourées. De leur côté, les 17 femmes encore présentes dans cette maison ont affirmé leur volonté de porter plainte pour menaces de mort, dégradations volontaires, violences aggravées et violation de domicile contre les assaillants et les personnes qui ont volontairement pénétré dans le domicile en début de week-end. Selon « linfo.re » ces femmes, qui ont décidé de vivre avec celui que certaines appellent « maître » ont décidé de parler pour « rétablir la vérité ». Ces élèves de Papa Sané assurent qu’il n’a exercé aucune pression psychologique à l’égard des femmes. Elles insistent sur le fait qu’elles ont fait le choix de vivre avec cet homme pour suivre ses cours. Âgé de 31 ans, cet homme originaire du Sénégal enseigne le mouridisme. Pour ses élèves, il n’a rien fait de mal et n’aurait pas dû être mis en examen.
« Monsieur n’a rien fait. Il a juste voulu nous donner un enseignement différent. Neuf filles auraient subi des violences mais c’est complètement faux tout ça ! » explique une jeune femme. « Il y a des personnes qui sont venues saccager la maison et ce ne sont pas forcément des membres de nos familles… Comment voulez-vous que l’on réagisse ? On est obligés de se barricader et de fermer les portes », lance une autre élève. « Les gens viennent devant la maison et nous insultent et nous, tout ce que l’on veut, c’est chercher un autre culte ». « Même si nous essayons de rentrer en contact avec nos familles, tout ce qu’ils veulent, c’est nous récupérer comme si nous étions des objets… Ils ne nous voient pas comme des personnes, avec une conscience. (…) Ils ne veulent pas accepter que nous puissions faire des choix », détaille une protégée de Papa Sané. « Nos droits ont été bafoués, ils n’ont pas été respectés. Pour nous, cet homme nous apporte un message. C’est un messager. On ne va pas accepter que les gens l’insultent et l’incriminent… Alors qu’il est complètement innocent ».