Un faux docteur suspendu pour faux diplômes…Mais il continues de travailler

Le docteur Hachem Diab Ali Hadi, anesthésiste-réanimation, exerçant à la clinique du Cap a été suspendu de ses fonctions. Même si selon l’arrêté du ministère de la santé et de l’action sociale du Sénégal du 04 février 2016, dont Sud Quotidien a obtenu copie, cette décision est «temporaire».
Dans son article premier, il est stipulé que l’autorisation d’exercer à titre privé l’anesthésie-réanimation délivrée par le docteur Diab par arrêté N 8761-Msas-Dc-Dhsp-Dccmp du 8 septembre 1995 est suspendu à titre temporaire du fait de l’existence de deux attestations d’admission obtenues à des dates différentes pour la même spécialité.
Toutefois, dans son article 2, l’arrêté note que l’intéressé pourra continuer à exercer à titre privé, la fonction de médecin urgentiste. Une décision qui a suscité beaucoup de réactions. Selon des sources proches du dossier, la décision est plus que «légère».
«Comment le docteur Hachem Diab accusé d’exercice illégal d’une profession, puisse s’en sortir avec une telle sanction, après une série de griefs tels faux, usage de faux et usurpation de titres et mise en danger de la vie d’autrui ont été retenus contre lui?», s’étonne une de nos sources avant de se demander : «Attendons encore et vérifions ce nouveau fameux diplôme à présenter à l’ordre des médecins. Diplôme d’urgentiste obtenu en France ? Diplôme obtenu en quelle année ? En 1992 ou en 1991 ? Pourtant, Hachem Diab se disait être assistant de professeur Bonduran à Abidjan ? Il est plus que temps d’examiner le passeport de Diab Hachem pour enfin savoir la vérité ?»
La déception est aussi grande du coté des sénégalais qui se sont demandés comment une personne peut-elle tromper l’opinion publique en présentant deux attestations pour la même spécialisation sur une profession aussi noble que celle de la médecine.
«On pourrait dire qu’il est compétent car, s’il ne l’était pas, il n’allait pas faire carrière depuis ce temps. Mais, il aurait dû être humble et aller faire l’examen juste pour détenir un diplôme dans cette spécialisation. Que cela prenne dix ans après qu’il ait commencé à exercer, il n’est jamais trop tard pour étudier d’autant plus qu’il avait les moyens», fait noter cet interlocuteur dans le saut de l’anonymat. Et un autre de se demander si la crédibilité de docteur Hachem Diab se sera pas «entachée» à jamais.
«Comment vont réagir les patients ? Voudront-ils toujours de lui comme urgentiste après ce verdict ? Dans tous les cas, une suspension reste difficile à accepter quand on sait qu’on a fait carrière sur cette spécialité».
La décision du ministère est tout aussi justifiée, nous signale une autre source qui déclare que le département de la santé ne peut trancher que sur une base juridique. «Si les autorités ont pris cette décision, c’est qu’à mon avis, elles ont pris tous les soins nécessaires pour vérifier. Et si le second diplôme d’urgentiste s’avérait faux, il sera suspendu, démis de ses fonctions et interdit d’exercer», confie cette source.