Tounkara insulte les sérères…Il reçoit une réponse pédagogique

Doctor, donnez votre avis sans insulter tous les sérères.

Je ne suis pas Sererologue improvisé comme vous, mais je crois être mieux placé pour juger les miens. Je concède une part de vérité dans le texte que vous avait écrit. Par contre certains arguments me révulsent et je les trouve très légers pour être formulés par un docteur. Par un homme de lettre qui a une plume aussi belle que la vôtre mais parfois trompeuse. Toutefois, je reconnais qu’il est impossible d’exceller à la fois en tant qu’animateur de télévision, professeur, économiste et ethnologue. Je comprends donc que votre analyse soit superficielle. J’ai été particulièrement choqué et blessé par cet argument qui vous permet de justifier en partie la pauvreté qui règne chez les sérères.

Je vous cite: « Les Serer ne s’entraident pas, ne font rien pour s’enrichir mutuellement ou féconder leur terre natale… Malgré les innombrables cadres bien formés, les communautés Serer n’ont aucune homogénéité ou solidarité commune dans l’investissement et le développement. Le Serer n’aide pas son parent Serer ou ne construit rien dans son village natal pour des raisons de peur mystique complètement infondées et insensées… »

Mon cher Tounkara, les sérères font partie des peuples les plus généreux au monde. Saviez-vous que chez l’homme sérère préfère mourir que de voir sa famille manquer de tout? Saviez-vous pourquoi la majorité des femmes de manage à Dakar sont sérères? Vous a-t-on dit pourquoi notre capitale est remplie de charretiers venant du Sine ? Saviez-vous pourquoi il y a tant d’ouvriers de mon ethnie au port et partout à Dakar? Saviez les emplois de la fonction publique les moins rémunérés dans lesquelles on trouve plus de sérères que n’importe qu’elle autre ethnie au Sénégal? Non vous n’avez pas la bonne réponse à toutes ces questions et vous n’avez pas cherché à comprendre avant d’écrire votre article.

Sachant que vous ne pouvez pas être compétent sur tout, je me permets de vous rectifier. Tout d’abord, les sérères vivaient de pêche et d’agriculture. Comme vous l’avez dit, ces deux métiers ne permettent plus de vivre et encore moins d’investir. Ensuite à côté des petits travailleurs de Dakar dont vous parlez, ceux-là même dont l’argent gagné dans la capitale ne sert qu’à payer le transport pour revenir au village et quelques pains secs en guise de « sarithia », il y a la masse silencieuse pauvre. Cette dernière est composée des enseignants et des fonctionnaires au salaire misérable. Saviez-vous que la majorité de ceux qui perçoivent une rémunération de la part de l’Etat chez les sérères travaillent dans l’armée, les forces de l’ordre ou dans l’enseignement primaire et moyen-secondaire? Non vous l’ignorez. Est-il possible d’investir dans une entreprise alors qu’on n’est même pas capable de se construire une maison dans son village? Voilà le problème cher docteur.

Vous utilisez une croyance populaire pour illustrer vos propos. Drôle d’exercice pour un intellectuel. Votre légende elle en demeure une dans votre tête mais n’existe pas chez les sérères qui sont en mesure d’investir. Elle n’est donc pas un frein.

Vous me parlez de manque de solidarité. Cela prouve votre méconnaissance de la culture sérère. Monsieur Sy Tounkara, vous savez certainement ce qui a permis aux sénégalais les plus riches d’avoir autant de fortune. A côté de la musique, c’est évidemment l’activité commerciale et la politique. Pour la première, il est évident que les sérères sont de mauvais commerçants. La raison est qu’ils ne peuvent pas garder un sac de riz pour le vendre plus cher alors que leur voisin cherche en emprunter un kilo pour manger. Solidarité oblige, le sérère ne fait pas de la spéculation. Pourtant c’est le meilleur moyen pour faire fortune. Concernant la politique, les hommes de mon ethnie qui s’y lancent sont la plus part du temps très justes. Ils sont là d’abord pour l’intérêt public. Pouvez-vous Compter dix sérères qui sont devenus milliardaires en raison de la politique ou qui sont poursuivis pour enrichissement illicite? Non. Chez nous, nous faisons la distinction entre ce qui nous appartient et les biens du peuple.

Pour finir mon cher docteur, permettez mois de vous dire que celui qui n’est pas rempli d’humanité, ne s’engage pas dans l’armée ou dans l’enseignement. Que pour investir, il faut d’abord vivre. Sachant qu’il est impossible d’épargner avec un salaire de simple employé ou de misérable fonctionnaire, je conclue que les sérères sont pauvres non pas par manque de solidarité entre eux mais par devoir d’aider la collectivité. Une volonté de développement commune au-delà de leur ethnie. Une générosité excessive et un idéal de justice dont notre époque ne veut plus.

Malick Faye

1 Comment

  1. Tounkara est un ignorante Un incohérent un provocateur en somme un imbécil devant son micro ou avec sa plume pour dire ou écrire ce kil veut. Il n,a ka alé se faire foutre dans son etnie. Salopard

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