Souleymane Ndiaye : « C’est dangereux de construire avec du sable de mer »

Une nouvelle réglementation pour avoir une meilleure traçabilité sur la qualité du fer à béton a été mise en place depuis le 29 août dernier. Le chef de la division bâtiment, génie civil et électromagnétique à l’Association sénégalaise de normalisation est, dans un entretien accordé à EnQuête, revenu sur ladite mesure, déplorant le fait que les gens ne fassent pas recours aux architectes lorsqu’ils construisent.

En réalité, le règlement existait depuis 1994. Mais depuis février 2016, c’est un arrêté interministériel qui réglemente la commercialisation, la production locale et l’importation du fer à béton. A la question de savoir si cette mesure peut constituer une solution pour éviter les nombreux effondrements de bâtiments, M. Ndiaye déclare : « Je crois que cette réglementation sera le début de la solution parce que le fer joue un rôle important dans le bâtiment mais il y a d’autres matériaux de construction que nous devons vraiment réglementer également ». Et ces matériaux sont le sable, le ciment, les graviers, la peinture, les carreaux… « Mais il y a des matériaux moins importants concernant la sécurité. Le ciment et le sable sont importants. Beaucoup de gens construisent avec le sable de mer mais c’est dangereux parce que le sable contient du sel. Ce sel peut attaquer le fer, corroder le fer et, dans ce cas, le fer ne pourra plus jouer ce rôle de résistance à la traction et forcément il y aura des effondrements. C’est dangereux de construire avec le sable de mer sauf si on le traite. Il faut enlever le sel et il y a des manières pour le faire », renseigne-t-il.

Les populations sont, selon lui, souvent responsables de l’effondrement des bâtiments. « Car, lorsqu’elles construisent, elles appellent un maçon pour élaborer un plan. Elles ne font même pas recours à un architecte alors que dans le code de la construction du Sénégal, il y a un dispositif qui donne à la population le pouvoir de recourir à un architecte. Il y a ce qu’on appelle l’aide architecturale et elle est gratuite », souligne-t-il.