Scandale du diesel toxique…Les pétroliers dénoncent une cabale

Scandale ou cabale ? En tout cas, «Dirty diesel», le rapport de Public eye, une Ong suisse qui indexent des négociants suisses accusés de vendre des carburants toxiques en Afrique, suscite des réactions passionnées au Sunugaal où les sociétés Vitol, Trafigura et Addax & Oryx y sont pointés du doigt. Mais depuis sa publication, des voix s’élèvent pour demander à l’Etat de trouver les moyens de clarifier les choses. Pis, les démentis s’enchaînent. Après le Secrétaire permanent du Comité national des hydrocarbures (Cnh) selon qui, «on ne peut pas, pour l’instant dire, si ça existe ou pas» et la Société africaine de raffinerie (Sar) par la voix de son Directeur commercial Cheikh Tidiane Mbodj  qui avait affirmé qu’«il n’y a pas vraiment de carburant toxique qui entre au Sénégal», Vivo Energy Sénégal est aussi montée au créneau. Dans un communiqué repris, hier, par l’Aps, Vivo Energy Sénégal assure que ses produits «sont testés sur toute la chaîne d’approvisionnement».

«Ainsi, nous contrôlons les produits dans nos dépôts mais également dans nos stations-service, avec notre laboratoire mobile de contrôle qualité», soutiennent les responsables de Vivo Energy Sénégal  qui assurent que le carburant vendu dans les stations-service et aux clients Entreprises «est conforme aux spécifications nationales et est de qualité». Vivo indique qu’au Sénégal, «tous les distributeurs pétroliers achètent leurs produits prioritairement auprès de la SAR (Société africaine de raffinage) qui a assuré qu’il «n’y a pas de carburant toxique au Sénégal» et que «les carburants vendus au Sénégal respectent la réglementation locale». Vivo Energy Sénégal ajoute qu’«une partie minoritaire des produits pétroliers est importée par certains distributeurs pour sécuriser davantage l’approvisionnement en carburant». Pour sa part Vitol, la maison mère, contre-attaque sans prendre de gants. «Le rapport de public Eye est erroné et donne de fausses informations (…) En Afrique les gouvernements contrôlent et réglementent les importations de carburant et ce sont les seuls habilités à déterminer les normes», dit la société reprise par France 24.

«Ces importations sont nécessairement autorisées par le ministère de l’Energie, et les produits sont contrôlés systématiquement à leur arrivée par des organismes agréés pour attester qu’ils sont conformes aux spécifications locales», ajoute la société pétrolière. Il faut aussi noter que dans le milieu pétrolier sénégalais, on s’inquiète que les autres enseignes qui ont un quasi-monopole sur le secteur n’aient pas été ciblées par Public eye. «Pourquoi cette Ong ne s’est pas aussi intéressée à certains des majors au Sénégal pour également effectuer des prélèvements sur leurs produits. Y a-t-il des intérêts particuliers que ce rapport veut préserver en tentant de jeter le discrédit sur des enseignes qui ne sont pas françaises ? Si on avait fait des prélèvements sur tout le circuit, cela aurait été plus équitable», s’indigne un pétrolier dont la suspicion est partagée par beaucoup de ses collègues qui promettent une réaction énergique.