Saint-Louis : une femme coupable d’infanticide écope de cinq ans de travaux forcés

L’accusée Y. Wade, âgée d’une trentaine d’années, a été reconnue coupable d’infanticide et condamnée vendredi à une peine d’emprisonnement de cinq ans de travaux forcés par la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Saint-Louis.

Le tribunal n’a pas suivi le ministère public qui avait requis une peine de vingt ans aux travaux forcés. Il n’ a pas non plus donné suite aux demandes de requalification des faits formulées par la défense.

La mise en cause comparaissait pour cette affaire qui lui a déjà valu un séjour carcéral d’un an à la Maison d’arrêt et de correction de Saint-Louis. Elle aurait, selon l’accusation, mis au monde un enfant et l’aurait jeté dans une fosse septiques au terme d’une grossesse non désirée.

La célibataire originaire du village de Kheune, dans le département de Dagana, a soutenu pour sa part avoir jeté l’enfant déjà mort dans la fosse pour le protéger des chiens errants. A la barre, elle a un peu varié dans ses déclarations sous le feu roulant des questions du procureur.

« Le bébé était de sexe féminin. Il n’a pas crié, mais a bougé les pieds pendant une demi-heure avant de rendre l’âme « , a-t-elle répondu, alors que, durant toutes les phases de la procédure, elle avait déclaré que l’enfant était un mort-né.

L’affaire ne serait peut-être jamais jugée si la prévenue, alors en proie à des douleurs insupportables, s’était rendue au début du mois de janvier 2015 au poste de santé de Gaé pour se soigner.

Et lors qu’elle y est finalement contrainte, la sage-femme découvre que la patiente présentait des signes d’une femme qui venait d’accoucher sans porter son bébé par devers elle.

Acheminée au poste de gendarmerie de Ross-Bethio, Y. Wade qui est passée vite aux aveux, révèle l’endroit où elle avait jeté l’enfant. Le déplacement sur les lieux des enquêteurs et des sapeurs-pompiers permit de découvrir le corps sans vie du nouveau-né avec le cordon ombilical et le placenta dans la fosse septiques indiquée par la mise en cause.

Elle confirmera par la suite aux enquêteurs avoir accouché la veille aux environs de 3 heures du matin dans une des chambres de sa demeure à l’insu de sa tente et avoir ensuite mis le corps dans un sac, avant de s’en débarrasser.

Les regrets et les remords de Y. Wade, exprimés à la barre, et les arguments des avocats de la défense, notamment sur la légèreté du dossier d’accusation s’agissant de la viabilité du bébé après sa naissance, n’ont pas convaincu le tribunal.

Y. Wade, effondrée et en sanglots aux cris de « Ma vie est fichue » après l’annonce du verdict, devrait purger quatre années supplémentaires derrière les barreaux. A moins que cette sentence soit cassée en deuxième instance.