Rentrée scolaire : les librairies par terre comptent leurs clients

La fièvre de la rentrée scolaire ne semble s’être encore emparé du marché du livre d’occasion, beaucoup d’acteurs assurant que leurs affaires ne marchent pas comme souhaité, à quelques jours de l’ouverture des classes, prévue le 5 octobre.
« La vente de livres d’occasion ne marche pas. On est là juste parce qu’on est ne peut pas faire autrement’’, pour ne pas tomber dans l’oisiveté, déclare Boubacar Sy, propriétaire d’une ’’librairie par terre’’ à Sandaga, la grande place marchande du centre-ville de la capitale sénégalaise.

Il dit être obligé de s’activer pour subvenir aux besoins de sa famille et assurer la dépense quotidienne, même si, pour l’instant, ses gains demeurent largement en deçà de ce qu’il espère.

« Vous savez, fait-il observer, avec la fête de la Tabaski’’, la grande fête musulmane commémorée le 12 septembre dernier, « les parents ont beaucoup dépensé et c’est peut-être la raison pour laquelle ils préfèrent s’occuper en priorité des inscriptions et de l’habillement de leurs enfants’’, avant de penser à acheter des livres.

« On ne sent pas vraiment d’engouement’’, tranche Boubacar Sy, selon qui ses rares clients viennent surtout chercher de la documentation pour préparer certains concours (enseignement, police, Eaux-et-forêts, douane).

Contrairement aux années précédentes, à la même époque des romans tels que « Une si longue lettre » (Mariama Bâ), ’’Vol de nuit » (Antoine de Saint-Exupéry), « Sous l’orage » (Seydou Badian Kouyaté) « se vendaient bien », souligne-t-il.

Le marché « est au ralenti », assure de son côté Abdou Khadre Gningue, vendeur de livres d’occasion sur les allées de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.

’’Si ce n’est pas qu’on parvient tant bien que mal à écouler des livres de préparation de concours, on peut rester chez nous », tranche M. Gningue.

« Les affaires ne marchent pas pour le moment, mais nous espérons que cette situation ne va pas durer, car on croit fermement qu’avec le retour des étudiants, ça ira mieux », conclut ce ’’libraire’’.

Kora Ndiaye, autre tenancier d’une librairie de fortune à Sandaga, indexe « les conséquences directe de la fête Tabaski » et les « nombreuses dépenses » liées à cette fête.

« Peut-être qu’à la fin du mois, ajoute-t-il, la situation va changer, car d’ici là, on espère que les parents auront le temps de souffler et viendront acheter des livres à leurs enfants ».

Pape Bèye, un parent d’élève, semble confirmer la situation décrite par les vendeurs. « Je suis beaucoup plus préoccupé par les inscriptions des enfants et les fournitures de base, qui sont beaucoup prioritaires sur l’achat de certains livres qui peuvent attendre jusqu’au mois de janvier ou février », explique-t-il.

De fait, « la fête de la tabaski a vidé les poches. C’est pourquoi la rentrée scolaire se prépare à pas de caméléon, car il n’y a pas d’argent », poursuit Pape Bèye.

Source APS