Rapport annuel de la Centif : des soupçons de financement du terrorisme décelées

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16 dossiers dans lesquels des indices de blanchiment de capitaux ont été décelés par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Ce, en sus des déclarations assujetties pour des soupçons de financement du terrorisme.

La Cellule nationale de traite- ment des informations financières a publié son rapport annuel 2015. Elle a reçu durant la période 164 déclarations d’opérations suspectes, soit une progression de 19 unités en comparaison avec le volume de l’année précédente (145).
Ces déclarations proviennent majoritairement des banques qui ont transmis 141 signalements. Les autres émanent des systèmes financiers décentralisés (4), des services financiers postaux (15) et des notaires (4).

En 2015, deux déclarations ont été transmises à la CENTIF par des structures assujetties pour des soupçons de financement du terrorisme. Cependant, selon le rapport, l’état actuel des investigations ne permet pas de confirmer les doutes exprimés quant à une relation éventuelle entre les personnes impliquées dans ces transactions et des groupes ou organisations terroristes.

Dans le cadre de la collecte d’informations nécessaires à la conduite des investigations, la CENTIF a adressé 39 demandes à des cellules de renseignement financier étrangères. Dans le sens inverse, 16 requêtes ont été reçues des structures homologues.

Au niveau national, 337 demandes ont été transmises aux entités déclarantes elles-mêmes et à des personnes ou structures des secteurs public ou privé afin de disposer d’informations additionnelles relatives à des déclarations d’opérations suspectes traitées durant la période sous revue.

A l’issue du traitement des déclarations de soupçons, 69 dossiers d’enquête constitués de 87 déclarations d’opérations suspectes ont été finalisés. Après examen par la commission ad-hoc composée des six membres de la CENTIF, les dossiers ont connu divers sorts.

« 16 dossiers dans lesquels des indices de blanchiment de capitaux ont été décelés et ont fait l’objet d’un rapport adressé au procureur de la République près le tribunal de Grande instance hors classe de Dakar.
49 dossiers ont fait l’objet de classement, en l’absence d’éléments permettant de confirmer les soupçons ayant motivé la saisine de la CENTIF », lit-on dans le document parcouru par dakaractu et qui renseigne que les investigations se poursuivent en ce qui concerne les quatre cas résiduels.

« Une somme d’1,312 milliard de francs Cfa, objet de déclarations de soupçons traitées par la Centif, a été transférée dans une banque sénégalaise vers la Caisse de Dépôt et de Consignation »

Toutefois, au cours de ladite année, le doyen des juges d’instruction a pris une ordonnance portant modification de garde et désignation d’un nouveau gardien en exécution de laquelle une somme globale de 1,312 milliard de franc Cfa, objet de déclarations de soupçons traitées par la CENTIF, a été transférée dans une banque sénégalaise vers la Caisse de Dépôt et de Consignation. Cette mesure conservatoire garantie l’indisponibilité des fonds dans l’attente du jugement des dossiers qui s’y rapportent.

Concernant les perspectives, cette entité a souligné que l’année 2016 marque un tournant important dans l’évolution du système sénégalais de lutte contre le blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Le GIABA ayant engagé le processus d’évaluation des dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme de ses Etats membres sur la base d’une programmation qui démarre en 2016, après avoir bouclé un premier cycle réalisé entre 2006 et 2012.

Il importe ainsi de prendre les mesures idoines qui permettront à notre pays de conforter son degré de conformité aux dites nomes. Car, selon le rapport, les normes révisées du Groupe d’Action Financière ont défini une nouvelle méthodologie d’évaluation plus contraignante et introduit des exigences supplémentaires relatives notamment à la mesure de l’efficacité des actions engagées par les Etats dans la lutte contre la criminalité financière.

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