Mary Teuw Niane recadre les enseignants grévistes : « Des privilèges sans des services rendus à la communauté »

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a indiqué, à l’occasion du 25ème anniversaire de l’université Gaston Berger de Saint-Louis, que les enseignants fassent bon usage des grèves. Il a dénoncé le fait que des privilèges soient accordés à une catégorie de citoyens sans justification corrélative d’un service équivalent rendu à la Communauté

Sur la situation de crise latente qui prévaut au sein du système éducatif sénégalais, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche a invité les enseignants grévistes à prendre de la hauteur, quelle que puisse être la légitimité des revendications qu’ils portent. «J’ai l’intime conviction qu’il n y a rien à faire si, au préalable, il n y a pas un environnement apaisé. Ce n’est pas un appel à la renonciation à un droit, celui de faire grève, qui est constitutionnellement reconnu. En fait, c’est un appel à une réflexion à propos « du bon usage de la grève ». Je suis, sans doute, suspect quand je parle de cette question. Mais j’ai des certitudes à cet égard. Elles peuvent être erronées. Peut-être le sont-elles d’ailleurs. Mais j’aimerais juste être convaincu. La légitimité d’une revendication justifie-t-elle les dommages parfois irréversibles causés au système pour sa satisfaction ? Est-il raisonnable, après que nous ayons tous, pouvoirs publics et syndicats, fait de l’Université publique un pôle d’attraction salariale, d’oublier que la rétribution perçue constitue une contrepartie du travail accompli dont la valeur est inestimable ? Qu’est-ce qui peut justifier que des privilèges soient accordés à une catégorie de citoyens sans justification corrélative d’un service équivalent rendu à la Communauté ? Aucun Etat ne peut soutenir, sur la durée, toutes les demandes sociales. A vouloir les satisfaire vaille que vaille, on renonce aux grands projets. Dans des situations de pénurie, on ne partage pas que les richesses. On partage aussi la pénurie pour la rendre supportable par les plus démunis. C’est une question d’équilibre social» a indiqué le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, sans manquer de rappeler que l’Etat a déployé «un ambitieux programme d’investissement d’un montant global de plus 302 milliards entre 2012-2017» pour renforcer le secteur.

Xibaaru