Maison d’arrêt de Zig…Une école transformée en prison

La présence de la cloche dans la cours de cette prison renseigne bien sur la vocation première de cet établissement devenu depuis un lieu de privation des libertés. Créée par les pères  évangélistes il accueille aujourd’hui des détenus de tous les sexes.  Aujourd’hui, la MAC de Ziguinchor, une école transformée en prison dans les années 40, baigne dans une promiscuité insolente.

Les cellules, d’anciennes salles de classes sont surpeuplées de détenus qui vivent un véritable calvaire à cause de la promiscuité. Surpeuplé, avec des conditions carcérales difficiles et jugées «inhumaines», la maison d’arrêt et de correction (MAC) de Ziguinchor ne fait pas exception à la règle. Elle dépasse largement ses capacités d’accueil qui tournent autour de 150 détenus. Aujourd’hui, ils sont plus de trois cents détenus à s’entasser dans ses cellules.

Les détenus s’entassent dans ces anciennes «classes». Les toilettes située à l’extérieur, les détenus sont contraints en cas de besoin la nuit de résister jusqu’à l’ouverture des cellules le matin. Une dure épreuve pour ses pensionnaires. Cette vieille école-prison située en plein centre-ville n’échappe pas au phénomène des longues détentions noté dans la plupart des lieux de privation de liberté existant au Sénégal. Des détenus non encore édifiés sur leur sort attendent encore d’être jugés.  «Dans cette prison on dort mal, on mange mal, on vit mal, c’est à la limite si nous ne sommes pas traités comme des animaux», confie tristement un détenu qui ajoute «que le seul soulagement nous vient des  surveillants de prison qui essaient tant bien que mal de nous consoler et de nous remonter le moral.»

La plupart des détenus scrutent la moindre faille pour se frayer un passage et s’extirper de cette «fournaise» carcérale. Les cas d’évasion sont d’ailleurs notés dans cette prison et la dernière remonte à l’année dernière lorsqu’en plein jour une bande de détenus conduite par le rebelle (membre du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance) surnommé  Commandant Sané  s’est évadée. Ce dernier réussira à s’évaporer dans la nature alors que ses trois acolytes seront appréhendés quelques heures après.  La cours de la prison est très étroite et les détenus qui profitent  des quelques minutes de promenade se tiennent debout tout au long de cette récréation.

Le nombre insuffisant de gardes expose cette prison dont la délocalisation semble être une urgence. Le secteur des femmes, du fait du nombre reduit de pensionnaires, reste mieux loti que celui des hommes. Une prison située au cœur  de la ville où le prévenu placé sous mandat de dépôt y entre après une marche effectuée du tribunal à la prison aux yeux et au su des passants.  Une première «humiliation» du détenu qui  craque une fois sur les sinistres lieux  de cette ancienne école.