Les noms des médicaments jugés parfois trompeurs

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) veut éviter les confusions entre les médicaments, encore trop nombreuses.

Lorsqu’on a besoin d’un médicament contre les crises d’épilepsie (comme le Lamictal), mieux vaut éviter de prendre un médicament contre les mycoses (comme le Lamisil). En effet, selon l’ANSM, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), les confusions entre les médicaments sont encore trop nombreuses.

En 2015, l’agence a recensé pas moins de 82 « méprises » à cause de médicaments dont les noms étaient trop proches, d’après un rapport relayé par Le Figaro. Dans sept cas sur dix, ces méprises ont provoqué des effets indésirables « graves », poursuit le quotidien, qui ne précise pas si les méprises sont le fait des patients, des médecins ou des pharmaciens.

Trop d’éléments « fantaisistes ». La proximité entre les noms n’est pas le seul élément dans le viseur de l’ANSM. L’agence accuse les laboratoires de mettre des éléments « fantaisistes » trop en avant (l’arôme par exemple), ce qui accroit la confusion chez les patients. Le gendarme du médicament met aussi en garde contre le fait de donner un même nom à un médicament et à un complément alimentaire produit par le même laboratoire.

« Le choix du nom d’un médicament est susceptible de favoriser un usage inapproprié du médicament, notamment par l’utilisation de mentions attractives, voire promotionnelles, qui ne peuvent être acceptées pour les médicaments, y compris les médicaments non soumis à prescription médicale », résume l’ANSM. « De même, l’ANSM demande que les industriels cessent d’accoler les mots tels que Fort, Faible, Plus, Ultra, Hyper, Stop ou encore Control au nom des produits commercialisés », peut-on enfin lire sur le site du Moniteur des pharmacies, qui relate également le rapport. En effet, ces superlatifs inciteraient certains consommateurs à acheter des médicaments dont ils n’ont pas vraiment besoin.

Plus facile à dire qu’à faire ? Le rapport sera soumis à une consultation publique jusqu’au 30 novembre, et pourrait donner lieu à des mesures contraignantes. L’ANSM recommande ainsi de mettre en avant des noms plus neutres, avec des différences claires entre les différents produits. Plus facile à dire qu’à faire, répondent les spécialistes du « naming ». « Les noms sont désormais créés pour être internationaux. Et nous devons gérer différentes contraintes : ils doivent être évocateurs et prononçables dans plusieurs langues, sans être ni promotionnels, ni ridicules ou péjoratifs dans un pays », explique Julie Chwarzcianek, directrice de By Agency, The Name Story, citée par Le Figaro. « Ensuite, nous devons répondre aux contraintes juridiques des marques puis aux contraintes réglementaires des pays », poursuit-elle.