Les migrations de retour et de non-retour des apprenants sénégalais : à quelles interrogations trouver réponses ? Et à quelles fins ?

Le manque de maîtrise des chiffres des retours et de l’installation permanente des apprenants sénégalais est une réalité quel que soit le pays d’installation. En effet, des recherches et des études quantitatives propres à mesurer, à fournir des informations à ce sujet, seraient une alternative positive de maîtrise de la population sénégalaise compétente retournée au pays ou établie à l’étranger. Une telle démarche est nécessaire dans la mesure où, il est impossible de mettre en œuvre des politiques destinées à récupérer ces compétences, sans savoir au préalable les effectifs et leur nature. De la quantification, dépendra alors la pertinence des politiques sénégalaises d’incitation au retour à mener.
Il serait également pertinent d’évaluer les retours et les non-retours de fin de formation des étudiants. Auront-ils réalisé leur projet de retour ? Avec quels moyens ? Auront-ils changé d’objectifs migratoires entre temps ? Et pourquoi ? Trouver réponse à ces interrogations, sera crucial en termes de compréhension du retour et non-retour des Sénégalais.
Quelle politique doit être mise en œuvre en matière de récupération de ces expatriés qualifiés? Le Sénégal peut-il fixer des obligations de retour ou une compensation de la perte induite par leur exil, s’il n’est pas en mesure de leur fournir des emplois convenables ? Ces interrogations méritent des réflexions pointues de la part des gestionnaires sénégalais des questions d’éducation, de formation, d’émigration, d’insertion professionnelle, etc. Cela, est d’autant plus nécessaire dans la mesure où, certains étudiants sénégalais en fin de formation ne rebroussent chemin sans qu’une politique spécifique ne vienne répondre de manière efficace à leurs attentes en termes de retour.
Le Sénégal ne peut-il pas instaurer des formes de compensation aux allocataires de bourses d’études en réitérant par exemple l’engagement quinquennal ou tri-quinquennal ? Parce que si l’éducation est un droit, servir son pays, de surcroît, pauvre ou en voie de développement ou d’émergence peut s’ériger en devoir s’il n’est pas un.

Dr Mbengue Mamadou Saliou
sociologue