Les mairies doivent 3,3 milliards à l’ADM dont 300 millions pour la seule mairie de Guédiawaye…

La dette contractée par les mairies sénégalaises auprès de l’Agence de développement municipal (ADM) s’élève à 3,3 milliards de FCFA, a annoncé jeudi à Dakar, Cheikh Issa Sall.

« A ce jour, a notamment dit le directeur général de l’ADM, les collectivités locales (mairies) nous doivent 3, 3 milliards de francs cfa. Certaines sont sur le processus de rembourser leurs dettes avant le prochain exercice. Car l’épongement de la dette est l’une des conditionnalités pour contracter de nouveaux financements ».

M. Sall s’adressait à la presse au terme de l’installation officielle du Comité de coordination de la préparation du programme d’appui à la décentralisation par Abdoulaye Diouf Sarr, ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du Territoire.

A la faveur de la communalisation universelle intervenue aux élections locales de 2014 avec la mise en œuvre de l’acte 3 de la décentralisation, le Sénégal compte aujourd’hui 557 communes.

Se prononçant sur cette dette des mairies, le président de l’association des maires du Sénégal (AMS), Aliou Sall a promis d’engager ses collègues à rembourser.

« J’engagerai les mairies à rembourser cette dette car on ne peut continuer à réclamer davantage de ressources financières sans rembourser ce qu’on doit à l’Adm. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’on n’ait fait aucun effort pour rembourser ce que nous devons à l’agence », a dit Aliou Sall, soulignant que sa mairie, la ville de Guédiawaye, à elle seule doit 300 millions FCFA à l’ADM.

« L’endettement relève certes de la responsabilité des collectivités locales, mais aussi et surtout de l’impossibilité de certaines communes de faire face aux charges financières de toute sorte. Par exemple, pour la ville de Guédiawaye que je dirige, nos ressources s’élèvent à 50 millions par mois, et notre masse salariale à 46 millions par mois », a expliqué Sall.

‘’Au même moment, a-t-il ajouté, la ville de Dakar connaît un excédent grâce aux patentes prélevées aussi bien sur les travailleurs de sa ville, mais aussi sur ceux des autres villes de la région. C’est pourquoi, il faut une certaine solidarité régionale entre nos communes ».