Les contraintes qui handicapent le décollage de Diourbel

Du point de vue démographique, Diourbel (Région) est aujourd’hui classée troisième avec une population de 1.591.593 habitants.

La répartition du taux de chômage par région permet de faire ressortir les disparités régionales. Les niveaux de chômage les plus élevés se situent entre 13 et 18% et concernent les régions de Louga (13,6%), Dakar (13,9%), Saint-Louis (15,2%) et, surtout, Diourbel (17,5%). Source: ESPS ŔII 2011, ANSD, Sénégal

Les contraintes qui aujourd’hui handicapent son décollage sont multiples.
L’agriculture est essentiellement basée sur les cultures de rente et sur les cultures vivrières et les cultures maraîchères et fruitières. Mais ce dernier secteur connaît plus de contraintes qui entravent son développement.
Parmi elles, on note :
• la réduction drastique des emblavures depuis quelques années,
• la mauvaise qualité des semences,
• le faible niveau d’équipement,
• la vétusté du matériel agricole,
• l’irrégularité des pluies, entraînant ainsi une baisse généralisée des rendements agricoles.

L’élevage se caractérise par l’existence de techniques traditionnelles que sont l’élevage pastoral fondé sur la transhumance et l’élevage sédentaire du terroir villageois. Les contraintes sont :
• la réduction de l’espace pastoral,
• la dégradation constante du couvert végétal,
• la forte pression démographique sur les terres agricoles (réduisant ainsi les terres en jachère),
• le nombre insuffisant de points d’eau.

Le commerce est par essence une activité très prisée des « Baol-Baol ». Les contraintes sont plus liées aux déplacements des personnes et des biens pour réaliser leurs activités (participation aux marches hebdomadaires) : absences de pistes de production et de moyens de transport.

L’activité artisanale présente de réels atouts. En effet, Diourbel est réputée pour sa forte tradition artisanale et la population dispose d’une réelle expertise, notamment dans le domaine de la poterie. Les contraintes sont plus liées à l’absence d’accompagnement, l’absence de formation et d’évènements de dimension internationale pour une plus grande visibilité.

Dans le domaine de la santé, les indicateurs sont loin d’être satisfaisants, notamment au niveau des infrastructures. En effet, en 2010, la région, avec seulement 6 centres de santé, 81 postes de santé et 106 cases de santé, enregistre un déficit en infrastructures. Cette situation peu satisfaisante, ne favorise pas l’atteinte des normes de l’OMS selon lesquelles, il faut 1 hôpital pour 150 000 habitants ; 1 centre de santé pour 50 000 habitants et 1 poste de santé pour 10 000 habitants.

L’éducation constitue un maillon faible pour la région, même si des efforts sont enregistrés dans le renforcement du système ces dernières années. Cependant, beaucoup reste à faire, notamment au niveau de la petite enfance et à l’élémentaire avec surtout l’implantation et le fonctionnement des écoles franco –arabes privées et les classes expérimentales en langues nationales. Le taux brut de scolarisation (TBS) au niveau de l’élémentaire demeure le plus faible du pays avec seulement 58,4% en 2010. (ANSD, aout 2011). Pour le TBS, Diourbel avec un pourcentage de 46,7% enregistre un taux pas très appréciable. Ce qui témoigne de la nécessité d’accroitre les efforts dans cette localité quia un taux en deçà de 50%.
Pour l’alphabétisation, Diourbel se signale avec un taux très bas (35,1%) et est classée parmi les régions à faible taux. Une disparité importante apparaît au entre les hommes et les femmes (55,4% contre 23,9%).

Le secteur de l’hydraulique rurale est aussi confronté a des contraintes telles que :
• la baisse du toit de la nappe consécutive aux cycles de sécheresse qui sévissent dans la zone,
• l’insuffisance du captage de la nappe,
• le non respect des normes techniques de fonçage de nombreux puits,
• la teneur très élevée en sel de la nappe maestrichtienne dans certaines zones,
• l’absence de cours d’eau pérennes.

La culture constitue un facteur de développement économique et social. La région de Diourbel recèle d’importantes potentialités culturelles. Son patrimoine culturel, très riche et coloré, présente de réels attraits touristiques. (Malheureusement non encore exploiter)
En plus de certains évènements culturels et religieux (Magal de Touba, etc.) organisés chaque année dans la région, on note également plusieurs sites et monuments historiques (33 au total dont la mosquée de Medinatoul-Diourbel) répartis dans tous les départements.
Là aussi de mon point de vue, l’absence de soutien et la non visibilité des actions menées par les acteurs culturels sont à souligner.
Les activités de jeunesse et de sports sont bien présentes dans la région de Diourbel, même s’il reste encore à faire dans ce domaine. Diourbel, faiblement équipée en infrastructures sportives (cas du football qui est le sport roi) connaît un déficit à ce niveau. Pourtant, ce ne sont pas les espaces pour accueillir ces infrastructures qui manquent.
L’incidence de la pauvreté par rapport aux ménages est passée de 61 % de ménages pauvres en 2002 (Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages -ESAM II) à 47,8% de ménages pauvres en 2011 (Enquête de Suivi de la Pauvreté au Sénégal –ANSD/ESPS II -2011).
Par rapport aux individus, c’est 69,4% de la population régionale qui vivait en dessous du seuil de la pauvreté en 2002, alors qu’en 2005/2006, ce taux est passé à 51,8%.

Il faut des moyens et de la volonté pour régler les problèmes de Diourbel. Il faut que tous les Diourbelois et Diourbeloise se mobilisent quelque soit leur appartenance politique pour relever le défi qui constitue à faire émerger notre localité.
L’absence de point focal dans les instances de décisions du pays (conseil des ministres), l’égoïsme de certains, l’utilitarisme des autres et le manque de dignités des non éveillés, font que, Diourbel n’est encore pas sur la trajectoire de l’émergence.
Cependant, il est toujours possible de redresser la barre surtout si le Président de la République qui la plus haute autorité l’intègre dans sa feuille de route.

Modou FALL
Degg moo woor
modou_fall@yahoo.fr