L’électricité, un danger dans le quartier Château d’eau sud Tenghori Trangambienne

Avec le boom démographique noté dans la commune de Bignona les deux dernières décennies, le seul endroit où les gens pouvaient habiter et aller travailler à Bignona est le quartier Tenghori Trangambienne qui se trouve de l’autre côté au sud de la RN4. Malgré sa proximité avec Bignona, ce quartier est de l’ancienne communauté rurale de Tenghori aujourd’hui commune. Et depuis lors, le quartier qui joue le rôle d’une cité résidentielle ou tout simplement banlieue de Bignona est toujours dans une situation indigne d’un pays comme le Sénégal. De façon spontanée, les gens se venus habiter dans la zone. Malheureusement, les conditions sociales de base n’ont pas suivi. Le quartier est loti mais rien ou presque n’a changé. Les routes peinent à se dégager, l’eau y est un luxe malgré la présence du 2ème château d’eau qui alimente Bignona dans ce quartier. Pire encore, le quartier n’est pas électrifié jusqu’à présent malgré la forte concentration d’habitations. Les habitants ont décidé alors de régler le problème à leur manière avec des branchements qui installent le danger en permanence et des vies sont menacées. Après avoir tapé à presque toutes les portes sans succès, les habitants se sont constitués en collectif et ont décidé de se faire entendre au plus haut niveau. Parmi les voies utilisées, celle qui les conduit à l’ASCOSEN en est une et ils ont écrit au consumériste en chef. Xibaaru a eu copie de cette lettre synonyme d’un cri de cœur adressée à certaines autorités :

Objet : SOS électrification du quartier château d’eau sud/ Tenghory Transgambienne II/ Bignona

Sur un rayon de 2,5 km le quartier château d’eau sud de Tenghory est densément habité…
L’essentiel des effectifs d’élèves  fréquentant les structures scolaires de Bignona du préscolaire au secondaires (deux lycées, quatre collèges publics et une dizaine d’établissements scolaires privés) réside en général dans ce quartier populaire de Tenghory (Banlieue de BIGNONA).
Depuis bientôt deux décennies, les populations vivent tout en réclamant vainement le branchement au réseau électrique de la SENELEC.
Le seul recours pour ces populations désemparées est d’opérer aux branchements clandestins sur de longues distances avec des fils inadaptés, gisant à même le sol. Ainsi les populations (surtout juvéniles) ne sont pas à l’abri d’électrocution…). D’ailleurs en 2009 une femme en état de grossesse avancée a été électrocutée. Voir photos montrant certaines ruelles jonchées de fils et d’enfants marchant inconsciemment sur des fils alimentés au courant ! Une initiative salutaire des jeunes des ASC du quartier est d’imaginer des poteaux de fortune maintenant les fils sur pilotis permettant l’alimentation clandestine de certains foyers, facilitant aux enfants d’apprendre les leçons à la veille des examens de fin d’année.
A quand le bout du tunnel de plus de vingt années de patience pour que les populations de ce quartier populaire jouissent des bienfaits de l’éclairage électrique dans les foyers.

COLLECTIF DES ReSIDANTS

 

L.BADIANE pour xibaaru.com