Le Rapport du CNRA et les déboires du frère du Président à la Une des quotidiens du mercredi

La remise du rapport 2014 du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) est le sujet le plus en exergue dans la livraison de mercredi de la presse quotidienne.
Le président de la République a reçu mardi le rapport 2014 du régulateur de l’audiovisuel. Une occasion pour Macky Sall d’appeler les acteurs concernés « à plus de responsabilité dans les contenus avec le passage au numérique le 17 juin 2015 », rapporte Le Soleil.

Le chef de l’Etat est également revenu « sur les aspects du passage de l’analogique au numérique », avant d’exprimer « des griefs » concernant le fonctionnement de la presse sénégalaise, note L’Observateur.

« Dénonçant les dérives +constamment décriées+ par le CNRA, écrit le journal Le Quotidien, Macky Sall estime que la structure de régulation doit +être renforcée dans ses prérogatives pour que ses mises en demeure soient absolument respectées+ ».

« La danse bombass, le griotisme et la flagornerie, la promotion des tradipraticiens, la diffusion d’images choquantes, pornographiques ou homosexuelles, entre autres manquements, ont été relevés par le CNRA (…) », renseigne La Tribune.

L’organe de régulation a bien « proposé une série de recommandations pour que cela ne se reproduise, afin d’assainir le milieu de la presse », apprend-on de ce journal, mais cela n’a pas empêché le président de la République de charger la presse, selon le mot du quotidien Le Populaire.

« Le chef de l’Etat n’apprécie que très peu la manière dont la presse sénégalaise traite les questions sensibles liées par exemple aux dossiers classés secret défense », précise le même journal.

« Des mises en garde » de Macky Sall (Libération) qui peuvent expliquer par exemple sa position sur la dépénalisation des délits de presse, un des points de crispation qui empêchent les députés de voter le nouveau code de la presse.

« On ne peut pas punir une certaine catégorie de personnes et privilégier d’autres », fait valoir le chef de l’Etat dans des propos rapportés par Sud Quotidien, selon lequel Macky Sall juge « problématique la dépénalisation des délits de presse (…) ».

« Le procès de la presse » en fait, souligne Enquête via sa manchette. Ce journal de relever ensuite à sa Une certaines déclarations emblématiques du point de vue du chef de l’Etat. « Il y a beaucoup de non-professionnels parmi les journalistes qui prennent en otage un métier si noble », a déclaré Macky Sall.

Le président du CNRA, de son côté, « s’est fait le porte-parole des patrons de presse, sur des questions telles que l’aide à la presse. De l’avis de M. Touré, rapporte Enquête, celle-ci « doit être repensée en terme de financement ».

« Beaucoup de patrons de presse trouve que l’aide à la presse telle que répartie ne profite pas vraiment aux entreprises. Un financement du secteur des médias serait mieux », explique ce journal.

Certains journaux reviennent sur l’annonce de Aliou Sall de démissionner de la tête de l’Union des associations des élus locaux (UAEL). « Les maires volent au secours de Aliou Sall », titre La Tribune.

Les membres de l’UAEL « ont fait savoir à Aliou Sall qu’ils ne sauraient accepter sa démission », lit-on dans les colonnes de ce journal.

Seulement, si l’on en croit Direct Info, c’est le président Macky Sall qui « a mis fin à la manœuvre consistant à faire de Aliou Sall, son frère consanguin, le président de l’Union des associations des élus locaux (UAEL) ».

Cela « pouvait lui porter préjudice énormes. Comme quoi la gestion du pouvoir a sa dynamique propre qui résiste aux liens les plus sacrés même familiaux », analyse Direct Info, titrant : « Aliou Sall contraint à la démission ».

Dans un entretien paru dans l’édition de mardi du quotidien L’Observateur, Aliou Sall, nouvellement porté à la tête de l’UAEL, avait annoncé sa démission de cette structure, réagissant à la polémique née de son élection.

« J’en ai assez », déclarait celui qui préside déjà aux destinées de l’Association des maires du Sénégal (AMS), avant d’ajouter : « Le fait d’être le frère du président me porte tort ».