Le PSE, Le plan de toutes les limites et de toutes les incohérences !!!

En 2012, les sénégalais dans leur majorité (65% des votants) ont porté au pouvoir l’homme de leur espérance, son Excellence Monsieur Macky Sall après tant d’évènements malheureux vécus avant et durant l’élection présidentielle qui ont occasionné malheureusement la mort de beaucoup de sénégalais dont le plus célèbre est Mamadou Diop (que la terre leur soit légère et que le paradis soit leur dernière demeure). Le programme proposé à savoir le Yoonu Yokkuté et la rupture qu’incarnait Monsieur Macky Sall avaient convaincu les sénégalais de jeter leur dévolu sur lui, au détriment des vieilles copies. Le discours de franchise et de courage, et la volonté de rupture qu’il affichait durant la campagne électorale autorisaient le peuple et ses nombreux alliés à adopter le profil du candidat Macky Sall qui a finalement gagné la bataille des présidentielles. Cette bataille a séduit nombre de sénégalais qui se réfugiaient jadis dans l’abstention. La victoire de Macky Sall a provoqué un raz de marée euphorique et l’espérance de lendemains meilleurs tels photographiés par les sondages. Mais après plus de douze mois de tâtonnements avec son programme électoral Yoonu Yokkuté qui s’est avéré non productif, le Président de la République a opté, à coûts de milliards payés, pour une nouvelle vision pour le rayonnement de l’économie sénégalaise à savoir le Plan Sénégal Emergent (PSE), un programme chanté sur tous les toits du monde, et que les membres du parti au pouvoir sont tenus de décliner à doses de mauvaise foi afin que les populations puissent se l’approprier. Le Plan Sénégal Emergent est un plan comme les autres. Elles sont nombreuses les études de qualité réalisées par la DPEE, l’ANSD qui pourrissent dans les tiroirs des ministères et qui pouvaient apporter plus que le PSE. Juste pour vous dire que le développement est une question de volonté et non de discours qui ne font pas vivre même s’ils peuvent toujours faire illusion devant des masses désorientées. A ce que je vois depuis quelques mois, quelques années, le PSE n’augure rien de bon, tout est fait à l’inverse. On nous parle de l’agriculture comme le moteur de la croissance économique alors que d’un autre côté, l’Etat sénégalais est prêt à signer les Accords de Partenariat Economiques (APE) qui annoncent la mort des agriculteurs sénégalais. Je pèse bien mes mots et je défie tous ces nombreux économistes qui rôdent autour du Président de la République dont le maintien à leurs postes prime sur la réalité des choses. Ces accords signés, entraineront l’inondation du marché national par les produits de l’Union Européenne qui coûtent moins chers et présentent une meilleure qualité. S’en suivra forcément la faillite de nos entreprises nationales qui peinent depuis les indépendances à trouver des solutions aux problèmes structurels qui s’avèrent être l’un des handicaps majeurs à la concurrence. Comme autres conséquences à ces signatures de partenariats, on peut envisager le licenciement des travailleurs, la montée de la tension sociale, une perte de souveraineté de notre économie…
Et même si l’agriculture sénégalaise prospère et que l’ensemble des produits tirés (à l’exception de quelques-uns) de ce secteur primaire sont exportés au détriment de la transformation locale, l’économie sénégalaise continuera à souffrir puisque ces produits une fois transformés prendront le sens inverse à un coût beaucoup plus élevé. L’économie est une chaine, on ne peut pas seulement parler de l’agriculture sans parler des industries qui sont les fondements de toute économie dynamique. Les économies africaines ne sont pas prêtes à ouvrir leurs frontières en supprimant les droits de douanes aux pays de l’Union Européenne qui cherchent par tous les moyens à protéger leurs agriculteurs et industriels. Imaginez, là où une entreprise africaine produit par heure 1 unité d’un article A à un prix unitaire de 1000 F CFA, l’entreprise européenne en produira 100 ou 300 fois plus à un prix unitaire de 500 F CFA d’une qualité supérieure.
Monsieur le Président de la République, à ne pas comprendre les raisons de son succès, on ne comprend pas les causes de ses échecs. Votre volonté orale ne s’est pas encore manifestée en acte concret. Si les hommes ont changé dans le gouvernement et dans certaines structures, le système en place peine à changer malgré le renouvellement indéniable des visages et des personnalités. Le courage politique commence quand on présente et défend clairement un véritable choix de société. Un homme d’état ne court pas après l’opinion ; il doit trancher pour guider l’opinion, pour éclairer l’opinion. Car il n’y a pas d’économie viable sans valeurs morales fortes et claires. . Je comprends votre volonté de mettre un gouvernement juste et équitable à l’écoute des attentes du peuple, mais le système est à nettoyer en inculquant les valeurs aux hommes qui le constituent et qui pourront conduire ce pays à la prospérité, tâche qui sera difficile. Un pays fort, ce sont des institutions fortes qui le composent.
Monsieur le Président, le programme sur les bourses sociales est noble mais sachez que le social se bâtit sur une économie prospère. Sans une économie solide et dynamique, l’Etat n’a plus vraiment les moyens de ses ambitions, qu’elles soient sociales, diplomatiques, militaires et politiques. Il se trouve que le Sénégal est un pays extrêmement pauvre au moment où il nourrit les ambitions les plus démesurées. Quand on s’efforce à assimiler les nominations à la politique, on ne récoltera que du feu : qui perd les élections, perd son poste. De plus en plus, les déceptions furent à la hauteur des espérances des populations. En effet, c’est pour avoir tenu un tout autre registre une fois installé au Palais que le Président Sall perd peu à peu la confiance des sénégalais, cette perte de confiance symbolisée par l’apologie de la transhumance s’est traduite lors des locales de 2014 par une défaite en terme de pourcentage de voix.
Un pays émergent ne se construit pas sur des discours de croissance qui n’est rien d’autre que la richesse créée par un pays d’une année t à une année t+1. Quand je vois certaines personnes débattre sur le taux de croissance, je ne peux qu’être triste et écœuré car le débat devait porter à priori sur le pouvoir d’achat des sénégalais. Je rappelle que le taux de croissance n’est pas le bon critère pour mesurer le développement d’un pays, ce sont deux concepts qui ont une faible corrélation. Les entreprises qui portent la croissance illusoire dans ce pays ne sont rien d’autres que les sociétés de télécommunication (Orange, décriée par bon nombre de sénégalais de ses pratiques nébuleuses), Necotrans, Total « Sénégal » si j’ose l’appeler ainsi, les banques internationales. Vous remarquez qu’elles sont toutes des filiales étrangères, responsables des fuites de capitaux, facteurs du déficit chronique de la balance des paiements. Comment voulez-vous émerger si le peu de richesse générée à la sueur du front des sénégalais sert à entretenir l’économie des pays occidentaux en particulier la France dont l’entreprise Total à partir des revenus tirés en Afrique permet de tenir l’économie française ?
Ne nous leurrons pas chers compatriotes, le PSE financé en grande partie par l’extérieur est loin du salut. Dans tous les domaines de la vie, ceux qui paient pour vous décideront pour vous. En effet, un pays n’a pas d’amis mais uniquement des intérêts. Aucune économie africaine ne se relèvera avec la soi-disant aide occidentale. Réussir à développer ce pays, passe d’abord par un changement profond des hommes dans les instances de décision. En ce sens, nous pataugeons dans une débâcle morale qui est toujours le prélude aux pires catastrophes économiques et donc sociales. Combien de fois, on a vu le ministre de l’économie et des finances autour de qui tout est centralisé, avançait des chiffres en contradiction avec des structures réputées pour leur qualité de travail ? Un gouvernement ce n’est pas le rassemblement de groupes de personnes aux intérêts communs, c’est du sérieux.
Monsieur le Président, la violence verbale, les mauvais comportements appropriés par des membres de votre parti nous rappellent l’épopée du régime libéral. De nos jours, nul ne peut avoir une vision contraire à la vôtre sans qu’il ne soit taxé de tous les noms. Les jeunes du Cojer en particulier Therese Diouf, les Abdou Mbow, Youssou Touré, Mame Mbaye Niang, Cissé Lô, Maître Youm, gagneraient bien pour la bonne marche de la politique gouvernementale à policer leurs discours tout en acceptant les critiques venant d’ailleurs.
Je ne cherche pas à convertir mais j’invite à réfléchir !!!
IBRAHIMA DIOUF dit GAYE GAYE
Economiste – Statisticien
Email : pape_gaye@hotmail.fr