Le maire de Mbacké vole au secours de son agent arrêté et incarcéré

Reparlons de l’affaire de faux à l’état civil de Mbacké qui vaut une arrestation au 1er adjoint au maire de la ville, par ailleurs officier d’état civil de la commune. Mor Sow qui a été placé en détention par le Procureur de Diourbel, avec trois autres personnes, pour faux et usage de faux portant sur une pièce d’état civil, pour avoir fourni un faux extrait de naissance pour tirer d’affaire le jeune Elimane Cissé accusé de viol sur mineure, a, en effet, bénéficié, hier, du soutien du maire. Abdou Mbacké Ndao a ainsi déclaré que son adjoint a juste été victime d’un «accident du travail» et qu’il faut attendre le dénouement de cette affaire, non sans dire qu’il espère que ce sera en faveur de Mor Sow. Une sortie du maire qui, comme il fallait s’y attendre, a suscité de vives réactions de la part de ses administrés qui n’en reviennent toujours pas.
Du reste, réagissant à cette sortie, le conseiller municipal sortant et responsable de l’Apr à Mbacké, Bara Gaye, se dit «meurtri qu’une affaire comme ça éclabousse encore l’image de (leur) cité». «Mais, ajoute-il, à entendre le maire parler, c’est comme s’il n’avait pas mesuré la gravité des faits. Parce que, quand même, il s’agit d’un officier d’état civil, un adjoint au maire qui a été approché par la famille d’un gosse accusé de viol. Et il a pris sur lui la responsabilité de minorer l’âge de l’auteur du viol. C’est très grave», assène Bara Gaye qui relève que le maire devait être d’autant plus prudent que «c’est le Procureur, informé de cette affaire, qui a fait faire des enquêtes et a mis sous mandat de dépôt l’adjoint au maire. Et lui, malgré la gravité des faits, le voilà qui dit que c’est un accident de travail. C’est ahurissant et moi je dis que ce maire, il ne respecte pas les citoyens de Mbacké, il ne respect pas le procureur de la République».

Bara Gaye qui semble ne pas être surpris par cette affaire de révéler avoir dit au maire, lorsqu’il a voulu faire de Mor Sow son adjoint chargé de l’état civil qu’il se trompait de personne. «Parce que ce monsieur est un multirécidiviste. Il a été déjà auteur de tels faits et il a été arrêté, jugé et condamné au sursis», renseigne-t-il, avant de dire : «Aujourd’hui, je regrette que les faits m’aient donné raison».  Pour le responsable «apériste», au moment où l’on parle de «gouvernance sobre, de probité et de moralité, un premier adjoint au maire, qui falsifie des pièces d’état civil, se fait arrêter. Et après ça, que le maire en personne dise que c’est un accident de travail, on ne peut que lui laisser l’entière responsabilité de ses propos».