L’autoroute Ilaa Touba divise le Diobass…C’est la grogne

C’est un cri du cœur que le Collectif des habitants des villages de Gollar, Pout Diack, Tatène Sérère et Bambara dans la commune de Notto Diobass ont lancé hier, à l’endroit du Khalife général des mourides, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké. Irrités par l’exploitation de leurs terres par les Chinois de la société China road and bridge corporation (Crbc), pour la construction de l’autoroute à péage Ilaa Touba, le collectif demande, tout simplement et dans les meilleurs délais, l’arrêt de l’exploitation.

«Non à tout ce qui peut anéantir et nuire le Diobass.» C’est le cri du cœur du Collectif des habitants des villages de Gollar, Pout Diack, Tatène Sérère et Bambara, dans la commune de Notto Diobass, dans le département de Thiès. Ces habitants qui s’opposent à l’exploitation des carrières de latérite dans leurs champs sans concertation étaient en sit-in, hier, devant le site d’exploitation pour crier leur indignation. Selon ces populations rouges de colère, «la municipalité de Notto dirigée par le maire Alioune Sarr, par ailleurs, ministre du Commerce a attribué environs 120 ha aux Chinois de la société China road and bridge corporation (Crbc) pour exploiter de la latérite pour les besoins de la construction de l’autoroute Ilaa Touba». Pour Amadou Diouf, porte-parole des populations, le président de la République avait promis aux Sénégalais, lors du lancement de l’Acte III de la décentralisation en mars 2013, «de construire le pays dans un cadre de dialogue consensuel et prospectif». Mais aujourd’hui, regrette-t-il, «ses représentants en l’occurrence le Ministre Alioune Sarr maire de la commune de Notto Diobass est en train de construire dans une perspective de détruire, de nuire et d’anéantir toute une communauté qui ne dépend que de l’agriculture et de l’élevage pour survivre». Pis, ajoute M. Diouf, «il est en train de brader nos terres réservées à l’agriculture et à l’élevage au profit de promoteurs privés». Il explique : «Ces terres ont été attribuées aux Chinois sans concertation, ni information». Il dénonce le manque de respect des autorités : «Aujourd’hui, aucun chef de village ou conseiller municipal de ces 4 villages ne peut dire exactement comment le projet a été attribué. Nous ne savons même pas s’ils ont été attribués ou vendus. Nous savons uniquement que les Chinois du Crbc ont débarqué ici avec plus d’une centaine de camions et 5 gros engins le 23 juillet 2016 pour commencer l’exploitation de la latérite pour la construction de l’autoroute Ilaa Touba.» A ce titre, le collectif interpelle le Khalife général des mourides, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké. «Serigne Touba n’a jamais dit de détruire d’autres localités pour construire la ville Sainte de Touba», martèle Alioune Diouf, qui indique que le collectif a rencontré le maire de Notto mais l’édile n’était pas en mesure de les convaincre sur l’attribution de ces terres. Aussi, ont-ils interpellé le président de la République, Macky Sall et celui de l’Assemblée nationale, Mous­tapha Niasse, patron politique de Alioune Sarr. «Si rien n’est fait nous allons organiser une marche suivie d’un sit-in jusqu’à la commune de Notto Diobass». Ils menacent : «si les Chinois continuent à exploiter la latérite de nos terres ils vont marcher sur des cadavres. Nous n’allons pas les laisser faire.» A ces maux, s’ajoute la route qui relie Notto Diobass à la ville de Thiès «qui est en train d’être dégradée par la rotation de plus d’une centaine de camions qui roulent à grande vitesse. Aujourd’hui à Notto il y a plus d’accidents depuis le début de l’exploitation. Récemment un jeune du village de Pout Diack a été heurté par un camion». Aussi le manque d’électricité et d’infrastructures au collège de la commune a-t-il été décrié par les populations.

Le quotidien