La prise en charge du genre à l’école : Enjeux et Perspectives

Le système éducatif sénégalais s’oriente désormais vers la prise en charge globale des besoins socioéconomique, éducatifs et même culturels de l’apprenant. C’est la raison pour laquelle, toutes les réformes et tous les programmes qui se déroulent dans le système mettent l’apprenant dans une position centrale. Il s’y ajoute que de plus en plus, des rencontres du genre panel ou fora se tiennent pour mieux conscientiser et impliquer la communauté pour que tout le monde soit en phase la lettre de politique sectorielle du ministère de l’éducation nationale. L’aspect genre se fait alors une place dans cette nouvelle politique pour la prise en charge de façon spécifique des besoins de chaque enfant, garçon et surtout les filles relativement à leur vulnérabilité particulière. Pour mieux cerner la question, nous vous invitons à suivre les éclairages d’un professeur émérite, Soulèye Barry, principal du CEM Ahoune Sané de Bignona qui a animé un panel à l’occasion de la journée de la femme.

Le système éducatif est périodiquement marqué par des réformes contenues dans différents programmes et la Réforme phare du PDEF dont l’évaluation a permis de constater un bond substantiel  au niveau de l’ ACCES a cependant constaté   quelques  in satisfécits , notamment au niveau de la QUALITE, de l’EQUITE et de la Gouvernance participative, montrant des dysfonctionnements  dans l’Atteinte des résultats.

Ainsi le PAQUET contient des acquis permettant de corriger ces manquements, en mettant l’accent sur l’éducation inclusive des apprenants.

Le GENRE parait exclusivement réservé aux seules filles ; lié certainement à la vulnérabilité particulière de ces dernières.

Le concept s’applique à tout moment qu’un handicap est constaté chez une cible, qui dans son insertion scolaire ne retrouve pas l’harmonie nécessaire pour suivre les Enseignements/Apprentissages.

Les activités et la composition de cet organe de prise en charge concernent aussi bien les filles que les garçons, tous les Apprenants en sont bénéficiaires et au-delà de  l’institution scolaire et même nos familles.

La mise en œuvre du concept Ecole/Communauté doit s’ouvrir d’avantage aux élèves, qui deviennent des acteurs essentiels dans les prises de décisions qui régentent leur destin ; Ceci est la conséquence d’une démocratisation  accrue du système.

Des expériences ont été déroulées pour accompagner ces réformes Ex : Plan Sénégal, autour de la thématique « Learning without Fear » (Apprendre sans peur), œuvrant pour la promotion, l’épanouissement et le bien être des enfants. Ainsi elle a développé une campagne de lutte  contre les violences scolaires.

FAWE SENEGAL Dans l’accompagnement des filles pour une émergence scolaire.

Des partenaires internationaux, Ex UNICEF, maintien et réussite des filles à l’école.

La finalité de ces appuis est l’amélioration de la Qualité par une prise en charge correcte de la dimension Genre au sein des établissements, contribuant à réduire les inégalités, boostant ainsi les performances des élèves, en particulier les plus vulnérables (Vulnerare=blesser).

Cet Invite à l’intérêt au genre dans l’établissement est publié par arrêté n° 1731 du 31 Mars 2008, qui recommande aux établissements scolaires de Promouvoir les cellules Genre.

Ce nouvel intrant de qualité induit désormais de nouvelles configurations dans l’aménagement de l’espace scolaire. Ex : Construction de latrines non mixtes, mais séparées entre filles et garçons, aménagement de rampe à l’entrée des salles de classes pour faciliter l’accès aux élèves handicapés etc…

D’ailleurs les problèmes de latrines ont longtemps défavorisé l’accès des filles à l’école ; en effet un garçon peut à tout moment et en tout lieu satisfaire son besoin physiologique d’uriner, à l’inverse de la fille (décence et possibilité d’infection fongique etc.…)

Désormais les statistiques de pièces périodiques annuelles renseignent sur ces aspects de prise en charge. Ces intrants ont permis de rehausser considérablement les taux de fréquentation scolaire. Dans nos établissements, les statistiques révèlent un ratio filles/ garçons, largement favorables aux filles ; ainsi, au niveau de nos foyers, il devient rare de trouver des filles de ménage.

Des concours et prix d’excellence sont réservés à la promotion du genre : Ex : Miss MATHS (pour la promotion des filles en sciences) et même des postes de responsabilité réservés aux dames.

Des observatoires prennent en charge des problèmes de genre, avec des rubriques budgétaires bien définies : l’Observatoire de la Vulnérabilité de la Déperdition Scolaire  fait annuellement le listing des élèves, potentiellement en déperdition scolaire qui doivent être soutenus.

La rubrique santé des élèves, obligatoire (200 F/élève) assure le suivi sanitaire des élèves à l’IME et à l’école.

-La loi d’orientation de l’éducation nationale 2004 -37 du 15/12/2004(loi supérieure au décret et arrêté) rend obligatoire la scolarisation universelle, fondamentale du C I à la classe de 3e.Cette loi contient des enjeux d’ordre économique,(ex : gestion budget ménage par la fille future femme ), social, sanitaire (hygiène des enfants). D’énormes acquis dont bénéficiera la fille (future femme au foyer) ayant bouclé le cycle fondamental.

Elle doit faire l’objet d’une appropriation approfondie par la communauté(les cours de remédiation déroulés dans les collèges renforcent les dispositifs d’accompagnement).

Pour assurer le suivi de  l’ensemble de ces réformes, la cellule genre doit être soutenue en moyens conséquents, afin qu’elle assure un rôle de veille et d’alerte contre les Violences Basées sur Genre en Milieu Scolaire(VBGMS)  et surtout faire le suivi de la réinsertion des filles mères dans le circuit scolaire après la suspension de scolarité.

D’autres partenaires sont très actifs dans la sensibilisation ex : Module déroulé par Click Info Ado sur la sexualité  des ADO, permettant une maitrise  des informations sexuelles.

L’AEMO, appui juridique sur le terrain, veillant à ce que les élèves ne soient pas  lésés.

La sensibilisation par les Foras sur les disparités entre filles et garçons, permettant aux parents de prendre des engagements pour une meilleure répartition du temps de travail (Filles et garçons peuvent équitablement se partager les tâches).

L’ensemble de la communauté scolaire doit accompagner ces innovations, permettant une éducation inclusive de tous nos enfants pour un développement harmonieux de la société.

 Soulèye BARRY, Professeur de SVT, Principal du CEM Ahoune SANE. IEF BIGNONA. IA ZIGUINCHOR