La Préférence locale peut générer des milliers d’emplois

LOCAL CONTENT

La Préférence Nationale (« local content » en langue anglaise)  est le concept par lequel est exprimée la volonté politique de réserver des avantages – généralement financiers – ainsi que la priorité à l’emploi aux détenteurs d’une nationalité donnée (définition par WIKIPEDIA). Sont donc concernés les employés, les actionnaires, les entreprises sous-traitantes…etc.

Sur le continent africain, le concept est plus que jamais à l’ordre du jour. Dans certains pays, des lois ont été votées en ce sens afin de permettre une émergence de l’économie locale et procurer la soutenabilité de celle-ci. C’est le cas de l’Afrique du sud en 2007 avec le BLACK ECONOMIC EMPOWEREMENT, l’Algérie en 2009 et le Nigeria en 2010 puis l’Angola dans le secteur des hydrocarbures, le Gabon dans la filière bois. Avant eux, sur d’autres continents, plusieurs pays y ont eu recours : la Malaisie, le Brésil, le Chili…etc.

Derrière le concept de LOCAL CONTENT, se trouvent donc deux enjeux importants, entre autres : l’emploi et le transfert de compétences. Ce type de choix politique relève du protectionnisme, lequel est un dérivé de la doctrine mercantiliste.

Au Sénégal, du pétrole et du gaz viennent d’être découverts. Le Plan dit Sénégal Emergent vise l’envol à « l’horizon 2035 ». Les ressources qui seront générées par l’exploitation de ces gisements doivent être légalement encadrées, d’amont en aval, car la bonne gestion des ressources publiques est encore un défi à relever en Afrique.

L’emploi

L’emploi, surtout celui de qualité, est une des priorités du continent africain. L’Afrique est peuplée majoritairement de jeunes et cette photographie de la population se retrouve dans tous les pays la composant. Sa population totale est 1 160 631 587 habitants (représentant plus ou moins 15% de la population mondiale).  Sur la population de chômeurs africaine, 60% sont des jeunes (ce taux « descend » à 30% en Afrique du nord). Le taux de chômage est de plus de 50% au Sénégal. Il nous faut donc des compétences et du travail, et les pérenniser.

Le Nigeria a été le premier pays à promulguer une loi du genre en 2010 : NIGERIAN CONTENT ACT. Elle visait comme objectif de faire atteindre le taux de 70% à la part nationale dans les investissmenst dans le pétrole et le gaz. Résultat : En trois ans, le nombre d’entreprises nigérianes présentes dans le secteur doubla avec comme cerise sur le gâteau, la création de 300.000 emplois. La politique du local content apporte aussi une réponse à un problème structurel à l’informalisation de l’économie : la formalisation.

Le transfert de compétences

Le transfert de compétences permet, à moyen et long termes, de doter un pays de compétences dont il ne disposait pas auparavant. En imposant juridiquement les entreprises locales, l’Etat du Sénégal permettrait aux majors qui exploiteront les ressources d’aider ces dernières à se structurer et se doter de bonnes pratiques managériales.

Au Cameroun, une circulaire de 2012 sur la promotion de la sous-traitance locale réserve 30 % des grands projets d’investissements en cours aux entreprises du pays. C’est un bel exemple même si nous trouvons ce taux minimal.

Au Sénégal, de telles dispositions n’existent pas (encore). Et devraient être explorées. Les filières scientifiques et techniques sont délaissées par les apprenants. Voilà encore une solution.

Au-delà du ciblage d’un seul secteur, une loi de ce type au Sénégal peut aussi être salutaire en ce sens qu’elle peut cibler TOUS les investissements directs étrangers en général.

L’application du LOCAL CONTENT donne la possibilité de créer des millions d’emplois : une aubaine inespérée pour notre pays. Sans compter  la réduction de manière substantielle de la pauvreté. Et last but not least, hisser le pays sur le chemin d’une croissance durable et inclusive.

ZAKARIA NDIAYE

zakariandiaye@hotmail.com