Kédougou : Vieille, elle se voit délaissée par sa famille

Fatoumata Souaré veuve, sans enfant, abandonnée par sa famille n’a plus personne pour vivre ses derniers jours. Le reporter de xibaaru.com s’est entretenu avec elle dans un climat de forte émotion.

C’est à bras ouverts que la mamie nous a accueillis, le sourire aux lèvres pendues sur une bouche ne laissant apparaitre que des gencives édentées. Avoisinant la centaine, « dos cassé » sous le poids de l’âge, se déplaçant qu’à l’aide d’une béquille, la vieille Fatoumata Souaré souffre au plus profond d’elle-même. N’ayant aucun confort familial, pour le reste de ses jours, notre vieille ne sait plus que faire.. Ainsi, a-t- elle commencé son récit pathétique.

fatoumata souaré adama diaby« J’habite ici dans la maison du fils de ma sœur qui ne vit plus. Les conditions de vie sont très difficiles. Dans cette famille, quand je sors pour aller à la quête de l’aumône, on  ne me réserve aucun plat. Parfois, je passe des nuits entières à jeun. La pire souffrance de ma vie, c’est de vivre dans la pauvreté, seule sans enfant. Je suis veuve et tous mes enfants sont décédés et je n’ai plus personne. Je vis cette souffrance au plus profond de moi-même » a-t-elle confié.

La vieille dame  vit dans une promiscuité indescriptible. A son âge, malgré son souhait de dormir dans une chambre confortable, avec un lit, un matelas et des draps dignes de ce nom, Mamie Fatoumata n’a personne à ses côtés. Elle se souvient à peine de l’incarcération de Mamadou Dia et compagnons à la prison de Kédougou dont les gardes pénitenciers se rendaient à l’époque chez son défunt époux pour demander des bénédictions.

Tenaillée par les mauvaises conditions et malgré son âge avancé, la vieille Fatoumata ne compte plus que  sur sa béquille pour se déplacer à la recherche du mieux-être. Dans tous ses déplacements, la vieille fréquente le plus souvent la devanture de la mairie de Kédougou en attente des bonnes volontés. Elle n’a pas le choix.

Le calvaire de cette vieille femme témoigne d’une certaine transformation de notre société traditionnelle qui ne prend plus en charge les personnes âgées.

Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com