Kédougou : Sadio Danfakha, plaide pour les femmes de Saraya

Si dans certains coins du Sénégal, les femmes font la belle vie, dans le département de Saraya qui abrite la première mine aurifère du Sénégal, les femmes continuent encore de s’affaisser sous le poids des difficultés quotidiennes qui les empêchent de savourer les véritables délices de la vie. Leur quotidien est en permanence rythmé de souffrance. Le temps du repos est un luxe pour ces braves femmes du département de Saraya.  C’est pourquoi, Sadio Danfakha, une brave femme de Saraya s’est confiée au reporter de xibaaru.com pour mieux se faire entendre du grand public.

« Nous les femmes de Saraya sommes très fatiguées. Nous voudrions bien pratiquer le maraichage mais il nous est impossible de trouver le liquide précieux. Il n’y a pas d’eau à Saraya. Le matin même pour nous laver la figure, nous avons des difficultés à trouver de l’eau. Celui qui nous aidera à solutionner ce problème nous soulagera définitivement. En hivernage, nos champs sont dévastés par les phacochères. Nous avons des familles mais sans moyens. Ce sont les femmes qui font tout à la place des hommes. Nous, les femmes de Saraya sommes très fatiguées. Nous nous activons également dans la production du beurre de karité. 12 mois sur 12, les femmes de Saraya ne se reposent pas. Ça c’est tellement grave. Nous sommes très fatiguées, nous sommes très fatiguées » a-t-elle précisé.

Revenant sur son parcours personnel, la dame Sadio Danfakha regrette d’avoir écourté ses études. Ce qui est de loin sa propre volonté.

« Moi j’étais à l’école. C’est mon papa qui m’a sortie de l’école pour me donner en mariage. Autrefois, les parents ne connaissaient pas l’importance de la scolarisation des enfants surtout de celle des filles. Moi, si j’étais restée à l’école, je serai peut-être devenue une enseignante. Aujourd’hui, je peux m’exprimer sans l’aide de quelqu’un. Le peu que j’ai étudié à l’école m’a servi. En tout cas, désormais, je ferai tout pour maintenir mes enfants à l’école. La scolarisation est très importante » a-t-elle indiqué.

Dans la région de Kédougou, combien sont-elles ces femmes qui portent dans le cœur cette souffrance et la cachent sans jamais oser se confier à l’autre ?

Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com