Kédougou : Pour un financement pérenne de la santé en zone minière

Ce vendredi 30 octobre 2015 les locaux de l’auberge thomas Sankara ont abrité une session d’évaluation citoyenne pour un financement pérenne de la santé en zone minière. L’atelier s’est déroulé sous la présidence du conseil départemental de Kédougou.
La recherche de mécanisme de financement alternatif innovateur pour renforcer les efforts consentis par l’Etat constitue aujourd’hui une priorité dans la mise en œuvre de la CMU. C’est dans ce cadre que l’Institut Panafricain pour la Citoyenneté, les Consommateurs et le Développement (CICODEV) avec l’appui financier d’Oxfam a entrepris la réalisation d’une étude dans la région de Kédougou en vue d’ explorer les possibilités de mobilisation des ressources additionnelles pour accompagner l’Etat dans la mise en œuvre de la CMU.
Il faut dire que cette étude menée du 31 août au 6 septembre 2015 a permis d’inventorier les mécanismes de financement existant au niveau de la région mais également de rencontrer tous les acteurs notamment les autorités administratives locales et sanitaires (maires, préfets agence de développement, médecins chefs , ICP…) et les industries extractives (Sabodala, Toro gold, Africa gold).Cette rencontre tient lieu de restitution des résultats de cette étude.
«Il s’agit pour cette rencontre de faire une synthèse des résultats de l’étude réalisée à Sabodala, Dalafing, Tomboronkoto et à Kédougou. Le choix a été porté sur la région de Kédougou parce qu’elle fait partie des régions les plus pauvres du pays où les indicateurs de santé sont les plus bas et paradoxalement, elle regorge de ressources avec la présence des industries minières d’exploitation de l’or » a précisé M Amadou C Kanouté, le Directeur exécutif de CICODEV Africa
Ils sont nombreux sont ces acteurs de la société civile, de la santé, des collectivités locales à prendre part à cette rencontre présidée par M Tombon Camara, représentant du président du conseil départemental de Kédougou.
Trois options pour assurer un financement de la santé
Il est ressorti de la présentation de ces résultats trois principales options pour mieux assurer un financement pérenne de la santé en zone minière. La première consiste à prélever les taxes locales pour financer la santé. La deuxième option, c’est de prélever sur les taxes minières perçues par l’Etat pour financier la santé. La dernière option et non des moindres consiste à la mise en place de partenariats sociaux, stratégiques et l’instauration de mécanismes de financement de la santé.
« De toutes ces options, la troisième semble être la meilleure. Elle consiste à la mise en place de partenariats sociaux, stratégiques et l’instauration de mécanismes de financement de la santé. Dans le cadre de la RSE, les sociétés minières pourront contribuer par des actions concrètes au financement de la santé. L’implication et la conjugaison des efforts de plusieurs acteurs permettent une meilleure prise en charge de la sante» a indiqué M Amadou C Kanouté, le Directeur exécutif de CICODEV Africa.
Il reviendra à la charge pour dire : « Le refus de payer les taxes par les populations et la faible capacité financière des collectivités locales ne permettent pas de collecter des taxes. Donc s’il n’y a pas de taxes locales, la première qui consiste à prélever les taxes locales pour financer la santé ne sera pas viable. Parce qu’il n’y a pas de rigueur dans le collecte des taxes et certains bailleurs qui appuient les collectivités locales donnent des directives sur l’utilisation des fonds »
Les résultats ont révélé que les populations ne possèdent aucune information sur l’existence et sur l’utilisation des taxes minières perçues par l’Etat. Ce qui anéantit toute possibilité de réalisation de la deuxième option de financement de la santé à partir du prélèvement sur les taxes minières perçues par l’Etat.
Les participants ont exprimé leurs regrets par rapport à certains obstacles qui minent le secteur. Il s’agit des problèmes de coordination entre les différentes actions, du non respect des engagements pris par l’Etat et les Sociétés minières, de l’enclavement, du manque de communication entre les populations…
Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com