Kédougou : Portrait de Sambou Danfakha, secrétaire général du gie foukhaba de Bantaco

En déplacement sur Bantaco, localité située à environ 37 km de Kédougou, le reporter de xibaaru.com dresse ici le portrait de Sambou Danfakha, le secrétaire général du gie foukhaba de Bantaco détenteur d’un permis d’exploitation d’artisanale de 50 ha.
Vendredi est un jour de repos dans les sites d’orpaillage .Debout, pot dans la main droite, Sambou Danfakha procède ce jour au traitement de sa poudre de sable supposée contenir des pépites d’or. Bien qu’étant un peu occupé, notre interlocuteur a bien voulu interrompre par moments son travail de traitement pour répondre à nos questions. Ce jeune polygame a commencé l’orpaillage vers les années vers les années 1998 avec l’exploitation de l’or filonien, une pratique assez récente.
« Nous avons débuté avec l’exploitation de l’or du filon, c’est un type d’exploitation que nos parents ne connaissaient pas. Eux pratiquaient l’agriculture et exploitaient surtout l’or alluvionnaire, sur le lit des cours d’eau. C’est vers les années 1995 que l’exploitation de l’or filonien a commencé dans la zone avec l’arrivée des maliens, des burkinabés… qui maitrisent bien cette technique » a-t-il confié
L’agriculture demande de gros moyens
Fils d’agriculteur, Sambou Danfakha semble avoir tourné le dos pour de bon à cette activité.
« Autrefois je pratiquai l’agriculture mais depuis 10 ans je ne l’ai pas pratiquée. Le constat que j’ai fait c’est qu’après 3 mois de labeur, mes récoltes ne pouvaient couvrir les besoins de ma famille que pendant 2 mois. Il me fallait trouver d’autres moyens additionnels pour couvrir les besoins de ma famille. Aujourd’hui, l’agriculture ne peut pas se pratiquer avec de maigres moyens. C’est le destin qui m’a conduit vers la pratique de l’orpaillage. Comme beaucoup de gens quittent ailleurs pour venir exploiter l’or ici, je n’avais aucune raison pour ne pas faire comme les autres. C’est comme ça que, j’ai suivi le mouvement d’ensemble pour essayer d’y tirer profit comme tout le monde » a-t-il témoigné.
Fier d’avoir mis sa famille en sécurité
Montrant du doigt le bâtiment qu’il a construit à partir des revenus tirés de l’orpaillage traditionnel, notre interlocuteur a précisé : « Vous voyez, ici quasiment la plupart des orpailleurs sont parvenus à construire des bâtiments en dur avec des toits en zinc. Grace à l’orpaillage que j’ai pu mettre ma famille à l’abri des incendies répétitifs qui survenaient dans la plupart des sites d’orpaillage dont Bantaco. Il y a beaucoup plus de sécurité dans ces bâtiments en dur. Au moment des incendies, il n’est pas rare de voir des gens abandonner leurs cases pour venir se réfugier ici et garder leurs effets dans nos bâtiments ».
Après un moment de silence, un éclat de sourire jaillit sur son visage. On s’approcha de plus près. Une excellente surprise. Il venait de faire une bonne moisson. Le résultat du traitement est positif. Notre interlocuteur continue à développer ses arguments sur ce métier tant convoité.
En tant que soutien de famille qui nourrit 14 personnes dont ses deux épouses, Sambou Danfakha ne se plaint pas .Une partie des recettes tirées de la pratique de cette activité économique lui permet de réinvestir dans sa famille. Ainsi assure-t-il les frais de scolarité et d’entretien de ses enfants et autres membres de sa famille élastique.
Cependant la pratique du métier d’orpailleur n’est pas de tout repos. On s’expose à plusieurs dangers dont l’usage des produits chimiques.
« C’est un travail difficile qu’on ne peut pas faire seul. Il faut des partenaires pour alléger notre travail. C’est dangereux avec l’amalgamation avec le mercure.il nous faut le soutien de l’Etat et des partenaires pour que nous puissions bien faire notre travail. »
C’est ce qui justifie la présence d’Artisanat Gold Council (AGC) et de l’Alliance pour une Mine Responsable (ARM).
Produire de l’or de façon responsable
Il faut par ailleurs signaler que Sambou Danfakha est le secrétaire général du gie Foukhaba de Bantaco constitué de 104 membres. Ce gie dispose d’une unité de traitement de l’or équitable avec réduction de l’utilisation du mercure mise en place par Artisanat Gold Council (AGC).
Ce gie est aussi en partenariat avec l’Alliance pour une Mine Responsable (ARM) qui s’occupe des aspects organisationnels, respect des procédures de production de l’or équitable de façon responsable par la, protection de l’environnement, la réduction de l’utilisation du mercure entre autres.
« L’AGC et l’ARM nous soutiennent beaucoup. Nous sommes engagés pour le reboisement et la protection de l’environnement .Nous voulons désormais veut pratiquer l’orpaillage de façon responsable. Il faut que l’Etat aussi nous soutienne dans notre démarche. Nous rêvons d’appuis qui nous permettront de reboiser tout le village de Bantaco. Nous souhaiterons également la création d’un comptoir commercial de l’or équitable à Bantaco .Ce qui nous permettra un jour de vendre notre or au niveau international. L’Etat doit encadrer et appuyer les orpailleurs sénégalais ».
Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com