Kédougou : L’univers des marchands ambulants n’est pas encore tonitruant

Entre désespoir et coups de soleil, les marchands ambulants luttent constamment contre la dépendance et l’oisiveté. Ils supportent tout pour récolter quotidiennement quelques billets de banque.
Si dans certains cas, le contexte socio-économique dans lequel évolue la région de Kédougou pousse certains à la résignation tel n’est pas le cas chez les marchands ambulants. Au lieu de continuer à subir éternellement la pauvreté et ses conséquences désastreuses, bon nombre de kédevins vivotent à partir de minimes profits tirés de l’exercice de « petits » métiers. C’est le cas des vendeurs à la sauvette ou marchands ambulants qui sillonnent par jour, tous les coins et recoins de la commune de Kédougou.
« C’est la marche qui rend difficile ce métier. Je parcours 10 à 15 km par jour. Et je connais bien tous les coins de la commune de Kédougou. Si l’on nous octroyait des financements, ce serait très favorable. Pour exercer ce métier il faut être courageux. On ne peut rien avoir à l’ombre » a témoigné M Djiby Diaw, marchand ambulant.
Juste après notre entretien avec le marchand, une dame commença à marchander le prix des produits. A la suite de quelques mots échangés avec le vendeur, la dame prétendit que les produits de Djiby étaient chers et ses moyens ne lui permettaient pas d’acheter cette tenue pour son enfant.
Plus loin, Alpha Oumar Diallo, un autre marchand ambulant, originaire de la guinée Conakry n’a pas hésité à nous exposer ses difficultés au quotidien.
« Tous les marchands ambulants ont presque les mêmes problèmes. Nous souffrons de la longue marche et des coups de soleil. Moi, je suis venu à Kédougou pour continuer à pratiquer le métier que j’exerçais en guinée. Il est temps que chacun se lève pour travailler pour soi. J’ai commencé ce métier depuis ma tendre enfance étant élève. Je profitais des jours de congé ou à la descente de l’école pour essayer de gagner un peu d’argent. Comme mes résultats scolaires n’étaient pas satisfaisants, j’ai abandonné les études. Et depuis lors, je suis à Kédougou pour me débrouiller » a-t-il témoigné.
Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com