Kédougou : Ejecté des diouras, il cherche fortune ailleurs (Entretien)

Le week-end dernier, le reporter de xibaaru.com a eu le privilège de s’entretenir avec Seydou Kanté, 17 ans un jeune aventurier malien originaire de Kayes, quartier liberté, venu chercher fortune dans la région de Kédougou. Après avoir tenté en vain sa chance dans les sites d’orpaillage, Seydou cherche toujours….
Pourquoi aviez-vous décidé de quitter votre pays pour aller en aventure ?
« Je n’ai fait que 2 ans à l’école .A partir du CP, mon papa m’a sorti de l’école pour m’apprendre le métier de bijoutier .Nous confectionnons des bracelets et des bijoux que nous vendons au marché de Kayes. J’ai continué à apprendre ce métier 4 ans durant jusqu’au décès de mon père il y a environ 2 mois de cela. Les outils que mon père a laissés ont été récupérés par son jeune frère qui est allé dans une autre région du Mali à Bafoulabé. C’est pourquoi, j’ai décidé de quitter mon village pour aller chercher de l’argent pour acheter du matériel de bijoutier.
Connaissez-vous bien le Sénégal, la région de Kédougou ?
« Lors de mon premier voyage j’étais allé à Sambaranbougou et à Diyabougou. C’est la bagarre sanglante entre maliens et burkinabés qui m’a fait fuir de là-bas. Je me rappelle bien, lorsque cette bagarre a éclaté, j’ai traversé nuitamment le fleuve pour rentrer au mali à Sadiola. Un mois après, lorsque les querelles se sont calmées, je suis revenu au Sénégal mais cette fois-ci à Kharakhéna pour travailler dans les sites d’orpaillage ».
Combien gagniez-vous dans ce travail ?
« Je tirai la corde pour remonter les seaux de roches du fond des puits d’orpaillage. On me payait en nature à partir du sable que je remontai du fonds des puits d’orpaillage .Après lavage, de temps à temps je gagnai entre 15 000 et 20 000 FCFA. J’avais pris comme option de dépenser peu et d’économiser le reste de l’argent pour l’entretien de mes deux frères et deux sœurs restés au Mali. Malheureusement je n’ai rien pu réaliser. J’ai tout dépensé pour subvenir à mes propres besoins. La vie y devenait insupportable ».
Comment vous vous êtes retrouvés à Kédougou ?
« Je n’avais plus d’argent et je ne savais plus que faire .Mais lorsque l’Etat du Sénégal a fermé les diouras, je n’avais ni la possibilité de trouver du travail dans les sites d’orpaillage ni d’y rester. C’est pourquoi je m’étais rendu à Kédougou pour trouver un autre travail. Au hasard près, je suis tombé sur un compatriote malien qui rachetait des chaussures usagées. Il m’a aussitôt intégré dans ses employés collecteurs de chaussures usagées en me promettant tous les mois un salaire 75 000 FCFA. Il m’a remis un vélo et un klaxon. Tous les jours, du matin au soir, je passe dans les maisons pour troquer les boules et bonbons contre les chaussures usagées ».
Vous vous plaisez dans ce métier ?
« Je vais exercer le métier là en attendant de trouver autre chose. Je rêve de gagner beaucoup d’argent, d’acheter du matériel et de retourner travailler au Mali auprès de ma famille. Je ne me plains pas pour le moment comme, mon patron m’offre à manger et à boire »
Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com