Il crée sa propre entreprise de distribution d’eau à Kédougou

A partir de l’observation minutieuse du milieu, un jeune malien profite des retombées de l’exploitation traditionnelle de l’or à Bantaco. Cette initiative lui  a permis de trouver un emploi et de satisfaire à ses besoins.

L’eau est indispensable à la vie. Sans eau, l’exploitation (industrielle ou traditionnelle) de l’or ne saurait être ni possible ni rentable. C’est pourquoi, dans les sites d’orpaillage, le besoin en eau a incité certains orpailleurs à imaginer des techniques d’approvisionnement en vue de satisfaire à la demande. C’est le cas d’Ibrahima Traoré, jeune ressortissant malien établi à Bantaco.

« A mon arrivée, j’ai constaté que les orpailleurs souffraient pour avoir accès à l’eau, liquide précieux nécessaire dans le processus de traitement des roches supposées contenir des pépites d’or. Des jeunes gens se rendaient jusqu’au fleuve pour s’approvisionner en eau. Il y a eu beaucoup de décès par noyade.  C’est  pour alléger ce travail et réduire les risques que j’ai pris cette initiative en créant des canalisations pour drainer l’eau du fleuve jusqu’à proximité des habitations » a confié Ibrahima Traoré

eau bantaco 1

La distance et les risques étant réduits, Ibrahima Traoré a créé un système simple pour  assurer l’approvisionnement en eau des orpailleurs. En file indienne, des jeunes porte-faix s’occupent du reste.

« Nous venons acheter de l’eau ici chez Ibrahima. Nous achetons chaque bidon de 20 litres à 10 FCFA que nous  transportons et revendons à 100 FCFA .C’est un travail qui n’est pas  aussi très rentable, mais c’est beaucoup plus sûr que le travail à la mine. Ici, à chaque chargement, on est sûr de gagner au minimum 800 FCFA. Alors que le travail à la mine  est  aléatoire. On peut y travailler 1 mois durant sans rien y récolter » a témoigné M.

Ce métier de porte-faix est pratiqué par des jeunes qui ont perdu l’espoir dans ce milieu où rien ne s’offre gratuitement. Ibrahima Traoré est fier de donner un coup de mains à ces « hommes-citerne ».

« J’ai pratiqué ce métier avant d’ouvrir mon entreprise. Je ne me plains pas beaucoup. Il m’arrive de gagner 50 000 FCFA par jour, je dépense quotidiennement 15 000 FCFA pour le carburant. A ce rythme je parviens à faire quelques économies. Mais de temps en temps, la motopompe demande quelques réparations » a-t-il précisé

Cette initiative du jeune Ibrahima Traoré démontre que dans les sites d’orpaillage tous les moyens sont bons pour se faire de l’argent. Il suffit tout simplement d’observer le milieu pour identifier les besoins à satisfaire.

 Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com