Hommage à Malick Dembélé Sow…

Sa disparition le 27 juin 2015 marque encore, une perte inestimable, de l’un des militants et dirigeants historiques de la première heure du Parti Africain de l’Indépendance (PAI). Ceux-là, qui se sont donnés entièrement et sans réserve pour l’indépendance immédiate de l’Afrique et de leur pays respectif. Malick Dembele Sow, qui vient de nous quitter, était un homme discret et affable.
Malick faisait partie de cette race d’hommes parmi les premiers cadres et intellectuels africains très engagés, qui s’étaient totalement mis, à la disposition du PAI, pour la cause de ses idéaux. Leur engagement révolutionnaire était empreint de forte conviction, de sincérité et ne souffrait d’aucune ambiguïté. Comme tous ses camarades de cette époque et génération, il avait, parfaitement, mesuré tous les risques incalculables qu’il encourait avec un tel engagement. Il n’avait point perdu de vue la féroce répression du colonialisme qui allait s’abattre sur tous ceux qui s’étaient soulevés dans les colonies, pour réclamer sans équivoque, l’indépendance immédiate de leur pays.
C’est ainsi, qu’il fut victime dès le départ, d’une mesure répressive et arbitraire du pouvoir colonial et néocolonial, qui s’abattit lourdement sur lui, par une révocation de la Fonction publique. Et, ce n’était pas tout, il s’en suivit aussi, de nombreuses arrestations, pour un oui ou un non, avec condamnation, pour les délits fallacieux d’atteinte à la sureté de l’Etat ou de reconstitution de ligue dissoute. Mais, comme il faisait partie de ces hommes, qui, grâce à la justesse de leur cause défendue et leur forte conviction, qui constituaient leur principale arme, il n’avait jamais failli à sa tâche, qui était un devoir pour lui. Au fond, il avait le secret et la force extraordinaires de résister contre toutes les formes de répression. Et malgré ses fréquents séjours en prison, il ne s’est jamais renié, et n’avait pas renoncé à ses convictions, en aucun moment.
Il était un homme discret et aimait travailler dans le silence. Il n’aimait pas s’afficher en public, ce qui fait qu’il n’était pas connu du grand public. Sa façon de s’exprimer se faisait à travers son crayon et par la caricature. En effet, beaucoup de caricatures parues dans la presse du PAI de l’époque, de sa légalité aux premières années de la clandestinité, portaient sa signature.
Il a été, sans doute, comme nombreux, parmi ses camarades, piqué par le virus révolutionnaire, de se mettre au service de leur peuple et se battre, pour un monde meilleur et socialement plus juste. Mais aussi, il a été influencé par les généreuses idées de la révolution sociale de cette époque. Ce qui l’a, certainement, amené à s’engager dans le camp de ceux qui voulaient libérer leur pays, entre les mains du colonialisme, par la remise en cause de l’ordre établi, et non, dans celui, de ceux qui avaient opté pour le confort dans la soumission au néocolonialisme. Et cependant, il était membre d’une famille très aisée où il ne lui manquait matériellement rien du tout, pour vivre aisément, s’il s’était rangé dans le camp qui avait préféré subir, plutôt que de contester l’ordre colonial et néocolonial en place.
Malick, fut un camarade disponible, généreux, respectueux, plein d’humanisme et d’égard envers l’autre. Voilà pourquoi, malgré son rang de dirigeant de premier plan dans la direction nationale du PAI, il entretenait avec tous les militants, en dehors des instances, des rapports de camaraderie empreints de cordialité et totalement dépourvus de tout culte de personnalité ou de subordination. Ce que tous les camarades qui ont eu à séjourner avec lui en prison, ou l’ont fréquenté dans la vie civile, peuvent bien en témoigner. Et e ministre Souty Touré peut bien confirmer cela.
J’ai eu le privilège, avec notre ami commun Ibnou Mbaye, qui est plus que frère pour Malick, d’avoir noué avec lui des relations de franche camaraderie, de sincère et intime amitié depuis Saint Louis, lesquelles relations se sont poursuivies encore à Dakar. Mais, malgré les vicissitudes politiques et autres conflits qui avaient secoué et traversé le PAI, nos relations sont demeurées intactes jusqu’à sa disparition, ce jour fatidique du 27 juin 2015.
En ces tristes et douloureuses circonstances, je présente à sa famille éplorée, ses épouses respectives, ses enfants, ses amis, ses parents, ses camarades et tous ceux qui l’ont aimé, mes sincères condoléances les plus attristées, pour cette perte immense qui les frappe. Et, je prie Allah (SWT) de l’accueillir dans son Paradis le plus élevé, le firdaws.

Mandiaye Gaye
Camarade, compagnon et ami