Hissène Habré fait les choux gras des quotidiens du vendredi

Les quotidiens parus vendredi accordent un traitement de faveur à l’ancien président tchadien, Hissène Habré, affichant à l’occasion sa photo sur laquelle il est vêtu d’un turban blanc, la main en haut en signe de victoire, alors que son procès pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité, et de torture se poursuit à Dakar avec l’audition des témoins.

Selon Le Quotidien, «commis d’office, rejetés par Habré : Les avocats assument leur rôle».

Le journal explique que les trois nouveaux avocats commis d’office par les Chambres africaines extraordinaires «malmènent le témoin-clé», Faustin Facho Balaam, vétérinaire et chef traditionnel de Canton, actuellement en exil en France.

«Faustin a décrit Habré comme le principal responsable de la guerre qui a éclaté entre le Gouvernement d’union nationale du Tchad (Gunt) et els forces armées nationales du Tchad (Fant). Il reproche à Habré d’avoir torpillé les accords de Lagos qui prévoyaient une unification du pays avec le soutien de la France et des Etats-Unis», explique Le Quotidien dont la Une est illustré par une photo de Habré enturbanné.

La même photo se trouve à la Une du journal EnQuête qui donne «les deux visages de Hissein Habré» avec une seconde photo sur laquelle il est toujours en turban blanc, mais tient cette fois-ci un chapelet.

Ce journal donne la parole à deux témoins du procès. Le premier Yakhara Diop estime que «Habré est un homme pieux d’une grande spiritualité», alors que pour le second, l’ancien homme fort du Tchad «a procédé à un nettoyage ethnique en septembre 1989».

Revenant sur l’enquête sur la personnalité de l’accusé Habré, Direct-Info fait état de «bizarreries d’un procès» avec ces propos de Me François Serres, avocat du mis en cause, qui soutient : «Encore une fois, Deby a dicté sa loi».

«Revanche des mitterrandistes : Habré, héros ou démon ?», se demande Zoom Infos.

De son côté, Sud Quotidien donne la parole à Salah Habré, petit frère du président Habré, qui soutient : «Il y a des politiciens corrompus (…) qui sont derrière tout ça».

La Tribune poursuit sur le crash de samedi dernier du vol de Senegalair et informe que «trois enquêteurs français débarquent».

«Les familles des pilotes algériens sont à Dakar. La française que l’avion transportait d’Ouagadougou vers Dakar avait de sérieuses complications dues au paludisme», révèle La Tribune.
«La patiente française souffrait de palu», renchérit Le Populaire.

Sur cette disparition de l’avion de Senegalair, L’Observateur donne «les premières révélations de l’enquête».

«Après avoir percuté le vol de Senegalair, le pilote de Ceiba (compagnie équato-guinéenne) a fui avec son avion à Malabo. Une mesure prise pour éviter la saisie de l’appareil. Des perquisitions ont été faites hier à l’Anacim (Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie)», explique L’Obs.