Foire de Kédougou : Magoundo Biagui transformatrice de produits locaux se livre à….

La deuxième édition de la techno foire de Kédougou qui a démarré ce vendredi 8 mai 2015 a été une occasion pour le reporter de xibaaru.com de discuter à cœur ouvert avec Magoundo Biagui, la présidente du Gie Tessito de Dinguessou, qui cherche à se spécialiser dans la transformation des produits locaux.
Femme engagée, et dynamique, c’est toute souriante que Mme Magoundo Biagui, la présidente du gie Tessito de Dinguessou a accepté de se livrer à cœur ouvert au site xibaaru.com en retraçant le parcours de son organisation qui se cherche encore.
Il faut reculer pour mieux sauter
« Au début, nous pratiquions la riziculture avec les membres de mon groupement .Faute de machines pour décortiquer et piler notre production, nous avions décidé d’abandonner la riziculture pour embrasser la transformation du fonio en le produisant nous-mêmes. Là aussi, comme nous nous étions confrontées à un problème de main d’œuvre pour la récolte et de décortiqueuses, nous avions vendu toute notre production. Les recettes nous ont permis d’acheter du fonio décortiqué que nous avions par la suite transformé en fonio précuit vendu dans des emballages en sachets plastiques » a indiqué Mme Magoundo Biagui, la présidente du gie Tessito de Dinguessou .
Elle reviendra à la charge pour souligner les différentes réalisations de son organisation :
« Nous avions commencé par acheter d’abord 20 kg de fonio décortiqué, puis progressivement comme nos affaires marchaient, nous sommes vite passées à l’échelle avec 300 kg puis 400 kg. L’année dernière, grâce au soutien de l’association KEOH et de son partenaire l’ong Actionaid/Sénégal, notre groupement a participé à la FIARA à Dakar. Ces deux partenaires ont mis à notre disposition des emballages vierges et des bidons pour le miel et l’huile de Karité. C’est également grâce au soutien de KEOH qui a formé deux membres de notre groupement (la présidente et la trésorière) en marketing que nous parvenons à faire de bonnes affaires. Aujourd’hui, nous cultivons nos champs d’arachides, nous récoltons et nous les transformons en pâte d’arachides. En plus de cela, nous vendons des brisures de maïs, du riz, du nététou, produisons de la farine enrichie .Par contre, nous achetons de l’huile de karité et de l’huile de palme que nous revendons sur le marché» a-t-elle précisé.
L’élimination des emballages en plastique, une équation de l’avenir
Par ailleurs, elle n’a pas manqué de souligner son inquiétude par rapport à la remise en question de l’utilisation des emballages en plastique.
« Nous serons fatiguées ne saurons que faire lorsque le gouvernement mettra en application cette loi interdisant les sachets en plastique. La plupart de nos produits transformés sont conditionnés dans des emballages en plastique. Il va falloir que nos partenaires puissent nous aider à trouver d’autres alternatives ».
Une organisation qui tient compte des besoins de ses membres
« Nos ressources sont gérées de façon transparente. Le bénéfice que nous avons de cette vente est divisé en trois parties, la première est gardée en caisse la seconde pour acheter de la matière première. La troisième partie nous permet d’assurer les frais pour les repas. Exceptionnellement, à la veille de la Tabaski ou de la rentrée des classes, on partage une partie de nos économies entre les membres du groupement pour permettre à chacune de faire face à certaines dépenses ».
Impossible accès au crédit…
« Nous souffrons du manque de matériels de transformation. Notre groupement ne dispose d’aucun équipement. Au moment de nos activités de transformation, chaque membre vient avec ses ustensiles de cuisine. Notre groupement est composé de 20 membres dont des mères de familles, des femmes veuves et de femmes abandonnées dont des maris sont au chômage. C’est pourquoi, nous ne voulons pas aller dans les diouras en abandonnant nos enfants sans aucune surveillance sinon ils risquent d’avoir une scolarité perturbée .Et nous n’avons aucune garantie pour faire des emprunts à la banque. Notre souhait est de bénéficier d’appuis matériels et financiers pour pouvoir renforcer notre fonds de roulement afin de mieux dérouler nos activités ».
Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com