Feu Doudou Thiam, premier ministre des Affaires étrangères du Sénégal: Sur les pas d’un grand commis de l’État

Dans le livre Histoire générale du Sénégal : des origines à nos jours (Hgs), ils figureront peut-être en bonne place. Et pour cause, ils ont été les premiers décideurs du Sénégal indépendant, mais malheureusement ils sont inconnus des nouvelles générations et même des communes qu’ils ont administrées. Un travail de mémoire s’impose à ce niveau. Parmi eux, Doudou Thiam, ancien maire de Mbacké et ex-chef de la diplomatie sénégalaise.

gouv-senegal-1960Qui est le premier maire de la commune de Mbacké ? Cette question anodine et sans réponse posée à plus d’une centaine de personnes à Mbacké prouve si besoin en était de l’urgence de revisiter l’histoire contemporaine du Sénégal, des indépendances à nos jours. Et pour cause, au niveau de la commune de Mbacké et même des avenues de la République, rien pour immortaliser le père de Yérim Thiam, qualifié par Moustapha Niasse comme «le meilleur diplomate sénégalais». L’actuel président de l’Assemblée nationale qui s’exprimait lors de la cérémonie de dédicace du livre du journaliste René Massiga Diouf consacré à la diplomatie sénégalaise de poursuivre : «Et je crois qu’on va mettre beaucoup de temps pour voir quelqu’un meilleur que Doudou Thiam qui a pu comprendre Senghor dont il a été le premier ministre des Affaires étrangères.» Né à Gossas en 1926, Maître Doudou Thiam qui a tiré sa révérence en 1999 est un juriste, un diplomate et un homme politique sénégalais. Il fut le premier ministre des Affaires étrangères du Sénégal indépendant. A l’âge de 25 ans, il soutient à l’Université de Poitiers une thèse de droit intitulée La portée de la citoyenneté française dans les territoires d’outre-mer. Sous la présidence de Léopold Sédar Senghor, il est ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Mamadou Dia, du 4 avril 1960 au 12 novembre 1962. André Guillabert lui succède brièvement à ce poste qu’il retrouve le 19 décembre 1962. Du 9 décembre 1963 au 6 mars 1968, il porte le titre de ministre d’Etat chargé des Affaires étrangères, des relations avec les Assemblées et de la suppléance du président de la République. D’ailleurs, c’est lui qui assurera l’intérim du Président Senghor en 1964. Il quitte le gouvernement en 1968. De 1970 à sa mort en1999, il est membre de la Commission du droit international, un organe des Nations unies qu’il préside à sa 33e session (1981). Il est aussi Rapporteur spécial sur le sujet du projet de Code des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité de 1982 à 1995, apportant ainsi sa contribution à la future création de la Cour pénale internationale. Talentueux avocat, Doudou Thiam a défendu le Sénégal lors de l’éclatement de la Fédération du Mali, de la reconnaissance internationale de la jeune République, dans le dossier frontalier opposant le Sénégal à la Grande Bretagne. Il est également intervenu lors de la création de la défunte Sénégambie. Conseiller territorial de Kaolack en 1957, député à l’Assemblée constituante en 1958, grand Conseiller de l’Afrique occidentale française de mai 1957 à avril 1959, et membre de l’Assemblée fédérale du Mali, il fut aussi ministre des Finances, des affaires économiques et du plan de la Fédération du Mali. Après l’indépendance, Doudou Thiam fut ministre de la Justice de 1961 à 1962. A la survenue des événements de 1962, il est nommé ministre des Affaires étrangères. Il occupera ce poste jusqu’en 1964. Par la suite, on lui a confié le poste de président du Conseil économique et social du 20 mars au 3 mai 1968. Il est mort en juillet 1999 à Genève… Alé Niang, communicateur traditionnel, se rappelle la personne : «C’était une personne très généreuse, qui aimait aider son prochain, surtout sa famille et les populations de Gossas. ll était très à cheval sur les textes. Il est l’oncle maternel de l’actuel Premier ministre.»
Au nom de Dieu, bilaahi ! Me Doudou Thiam fut un grand avocat qui a marqué l’histoire du Sénégal. Mais son fils aussi, Me Yérim Thiam, est un avocat qui marquera l’histoire du Sénégal comme étant celui qui a jeté en prison pour 6 ans un homme politique innocent en le condamnant à payer 138 milliards à un Etat qui n’a subi aucun dommage, aucun vol, aucun détournement. Et il est fier de traîner son obscurantisme et sa jalousie sur les plateaux de télé… Arrêtons de parler du fils nul et bête… Et parlons du père… Ça va égayer votre journée.

Doudou Thiam, (1926-1999), juriste et homme politique…
C’est un portrait de nos confrères du journal Le Soleil : «L’histoire retiendra que c’est lui qui assura l’intérim du Président Senghor en 1964. Brillant avocat, Doudou Thiam a défendu le Sénégal lors de l’éclatement de la Fédération du Mali, de la reconnaissance internationale de la jeune République, dans le dossier frontalier opposant le Sénégal à la Grande Bretagne. Il est également intervenu lors de la création de la défunte Sénégambie. Né à Bambey où il a fait ses études primaires, il intègre par la suite le lycée Van Vollenhoven où il décroche le Baccalauréat en 1944, avant de s’envoler plus tard en France pour entamer des études supérieures à la Faculté de Droit de l’Université de Paris. Au cours de cette période, il fut lauréat du prix du Droit civil décerné par la Ville de Paris. En 1951, il obtient un doctorat en Droit à Poitiers après avoir passé avec succès, deux ans auparavant, le concours des administrateurs de l’Assemblée de l’Union française. Il occupe ainsi le poste d’administrateur de cette institution pendant deux ans. De retour au Sénégal, Doudou Thiam occupe de hautes fonctions administratives. D’a­bord, il a été Conseiller territorial de Kaolack en 1957, député à l’Assemblée constituante en 1958, grand Conseiller de l’Afrique occidentale française de mai 1957 à avril 1959 et membre de l’Assemblée fédérale du Mali. Il fut aussi ministre des Finances, des affaires économiques et du plan de la Fédération du Mali. Après l’indé­pendance, Doudou Thiam fut ministre de la Justice de 1961 à 1962. A la survenue des événements de 1962, il est nommé ministre des Affaires étrangères. Il occupera ce poste jusqu’en 1964. Par la suite, on lui a confié le poste de président du Conseil éco­no­mique et social du 20 mars au 3 mai 1968. Il est mort en juillet 1999 à Genève…»