Faute de manifestants à l’Assemblée, la Police se défoule sur les journalistes

Le dispositif sécuritaire déployé hier, lundi 2 novembre, autour de l’Assemblée nationale, était hors du commun. Pour parer à toute éventualité, notamment la menace de manifester devant les grilles de l’hémicycle, brandie par le Cadre de concertation de l’opposition, les forces de l’ordre ont transformé le parlement en bunker.
L’on peut dire, sans risque de se tromper, que la quasi-totalité des pickups de la police a été mobilisé pour permettre aux députés de travailler dans la quiétude la plus absolue. Les automobilistes étaient obligés par les forces de l’ordre de faire le détour. Pour le personnel de l’Assemblée, il fallait montrer patte blanche pour accéder aux alentours de l’hémicycle. Face à ce fort dispositif sécuritaire mis en place, les manifestants se sont fait désirer.
Faute de vis-à-vis, les policiers ont voulu combler leur manque sur les pauvres journalistes, venus couvrir les travaux des Commissions. Interdits d’accès à l’Assemblée, les reporters présents ont été même sommés de quitter les alentours du parlement. Pis, ils ont même été traqués jusqu’à plus de deux cent mètres des lieux.
Même à cet endroit, les journalistes ne pouvaient pas exercer leur travail correctement, car les policiers sont venus interrompre le point de presse organisé par les députés du Cadre de concertation de l’opposition. Ils ont été éconduits comme des malpropres jusque derrière le Conseil économique, social et environnemental (Cese) du Sénégal. Aucun reporter n’avait le droit de s’approcher de l’Assemblée. Les journalistes étaient systématiquement repoussés par des policiers qui pensaient certainement avoir ceux-ci pour cibles.