Des femmes de Casamance utilisées comme des esclaves à Ziguinchor

La campagne de commercialisation des noix de cajou qui a démarré depuis quelques jours à Ziguinchor et qui avait terriblement souffert de la fermeture des frontières qui séparent le Sénégal à la Gambie, est en train de revêtir une nouvelle forme d’esclavage. Certes avec cette campagne les populations et plus particulièrement les femmes ne sentent pas la pauvreté mais, force est de reconnaître que ces femmes qui s’exercent dans ce secteur sont aujourd’hui surexploitées par les commerçants indiens  qui leurs dictent leurs lois jours et nuits.

«Ces indiens profitent bien de notre situation de pauvreté, en complicité avec certains de nos parents sénégalais, pour nous imposer leur prix par sac», se désole la dame, Khady Badji employée sur l’axe Ziguinchor-Mpack. Pour sa compagne d’infortune Mariama Diédhiou, «nous sommes exploitées de manière honteuse. Nous passons toute la journée sous le chaud soleil pour remplir des sacs de noix cajou. Le soir, à 20 h ou 20h 30, à notre descente, nous rentrons avec la maigre somme de 1.500 F ou 2.000F», renchérit-elle. Pire, «ces indiens qui nous emploient, mettent tout le temps des masques, des gangs et des bottes pour se protéger du danger de ces noix de cajou qui peuvent bien nous offrir du cancer de sein et de la colonne vertébrale.

Quand on leur demande des masques, ils nous les refusent catégoriquement. Nous ne pouvons plus accepter cet esclavage déguisé. Ces indiens doivent bien comprendre que si nous faisons ce travail, c’est parce que nous ne voulons que gagner quelque chose pour nourrir nos familles», regrette Mariama Diédhiou. Surexploitées par leurs employeurs, «nous interpellons le Chef de l’Etat, Macky Sall en premier et les autorités administratives et politiques de notre région. Nous pensons par ailleurs que l’inspection du travail doit rendre visite à ces indiens pour une meilleure réglementation ou réorganisation de ce secteur qui est aujourd’hui contrôlé à Ziguinchor par ces Indiens.

D’ailleurs, nous n’excluons pas de nous organiser l’année prochaine pour mieux faire à ces dérives et à cette surexploitation que nous sommes en train de subir», disent ces femmes. A signaler que ces plus de 85. 000 tonnes de noix d’acajou, représentant une valeur marchande de plus de 30 milliards de francs CFA, qui ont été exportées en 2015. Une filière anacarde qui représente un potentiel économique considérable pour la région et qui  génère tous les ans des «emplois».

Souffrant d’une manque d’organisation dans sa commercialisation, le secteur de la noix de cajou est aujourd’hui par l’altitude des spéculateurs qui viennent souvent imposer leurs tarifs sans connaître le prix appliqué au niveau national et international et sans détenir de contrats. Les populations inquiètes, demandent aux autorités de réfléchir sur l’amélioration des interventions sur la matière pour apporter une plus value à l’économie de la Casamance en particulier et du Sénégal en général.