Des députés et ONG se penchent sur la Loi d’orientation agro-sylvo-pastorale

Soixante-dix parlementaires, acteurs de la société civile, universitaires et autres élus locaux ont entamé, mardi à Dakar, un atelier national d’échanges sur la mise en œuvre de la Loi d’orientation agro-sylvo-pastorale (LOASP) du Sénégal, promulguée en 2004.
«La LOASP promulguée en 2004 constitue l’une des lois les plus importantes de l’agriculture. Elle trace les schémas d’une agriculture durable et performante. Elle avait fait l’objet d’un consensus autour de ses 52 engagements.

C’est pourquoi, dans un contexte de réforme foncière et de mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent, il est important de discuter de l’état de la mise en œuvre de la LOASP», a expliqué le Directeur exécutif de l’Institut prospective agricole et rurale (Ipar), Dr Cheikh Oumar Bâ.

Il s’exprimait à l’ouverture de l’atelier co-organisé par la Commission du développement et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale et l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR), en collaboration avec le Réseau des parlementaires pour la protection de l’environnement au Sénégal (REPES).

Il regroupe les représentants de l’Assemblée nationale, du Conseil économique, social et environnemental, des ministères de l’Agriculture, de l’Elevage, de l’Environnement, de la Pêche, de l’Economie et des Finances, d’institutions de recherche, d’organisations de producteurs et de la société civile de l’UAEL, de la CNRF ainsi que les partenaires techniques et financiers du développement.

«A travers cette rencontre, nous ferons le point sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de la LOASP pour identifier les améliorations à apporter ; susciter une réflexion partagée sur les enjeux et les conditions de mise en œuvre de cette loi. Un cadre réglementaire propice à la mise en œuvre de la LOASP sera également déterminé et un plan d’action de suivi et d’évaluation du processus de mise en œuvre de la loi sera élaboré», a poursuivi Dr Cheikh Oumar Bâ.

De l’avis de Marième Sow, présidente du Conseil d’administration d’Enda Tiers-Monde et représentante de la société civile, l’atelier constitue « un moment important pour examiner pour ne pas dire évaluer » une loi votée depuis 12 ans mais dont la mise en œuvre n’est pas pleinement effective.

«C’est important de le faire face aux défis de l’emploi des jeunes, dans un contexte de réforme foncière, de changements climatiques, d’autosuffisance alimentaire. Notre réforme foncière doit s’appuyer sur une vision claire de politique foncière adossée sur des besoins fondamentaux du pays», a dit Marième Sow.

Promulguée le 4 juin 2004, la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale (LOASP) fixe le cadre juridique, institutionnel et financier des politiques agricoles à mener sur une période de vingt ans.

Ainsi, elle s’avère une loi adaptée aux changements législatifs et pourrait donc contribuer à déterminer une politique agricole durable.
Après douze années d’existence, plusieurs de ses décrets d’application n’ont pas été élaborés. Or, sa mise en œuvre dépend inéluctablement desdits décrets sans lesquels, elle perdrait sa vocation initiale.

A cela, s’ajoute l’évolution du contexte marquée par les nouvelles orientations politiques : PSE à travers le PRACAS, processus de réforme foncière, politique d’adaptation au changement climatique, etc.

L’une des grandes difficultés dans le cadre de la mise en œuvre de cette loi réside dans l’absence de synergie entre les acteurs pour définir les cadres réglementaires adéquats.