Création de chambres d’agriculture…L’Etat veut donner le pouvoir aux agriculteurs

L’auberge Thomas Sankara de Kédougou vient d’abriter un atelier d’informations en vue de la création des chambres d’agriculture. La réunion a été présidée par M Moustapha Lô Diatta, secrétaire d’Etat, à l’Accompagnement et à la Mutualisation des Organisations Paysannes.
Cette rencontre fait suite à celles organisées dans les régions de Ziguinchor, Matam et Fatick entre autres. Il s’agit d’une rencontre d’information et de sensibilisation afin de permettre aux différents acteurs de s’approprier du concept de chambre d’agriculture. Ainsi, le comité de pilotage porteur du dossier a-t-il décidé de mettre en œuvre une démarche participative et inclusive afin de permettre à chacun de donner son point de vue sur cette belle initiative du président Macky Sall. Il s’agit d’une révolution qui va créer de nouvelles chambres capables de prendre en charge les préoccupations des agriculteurs.
« Quand on parle de chambre de commerce, on parle d’industrie, d’agriculture. Il faut aller à la concertation générale avant de mettre en œuvre cette nouvelle réforme. Nous pouvons nous séparer de la session agriculture. Le souci de tous, c’est de développer l’agriculture. Quand, il faut syndicaliser les agriculteurs, il y a des risques puisque s’il y a des choses à revendiquer ce ne sera pas au niveau des chambres consulaires. Je suis conscient qu’on ne pourra pas se développer sans l’agriculture. Il faudra également former les agriculteurs. Nous avons joué un important rôle fédérateur » a plaidé M Mamadou Hadji Cissé, président de la chambre de commerce de Kédougou.
Il faut dire que le président Macky Sall n’est pas dans une logique de syndicalisation mais dans une logique de mettre les producteurs ensemble.
« Il s’agira d’agir sur les ressources humaines pour mieux les mutualiser, les organiser. On veut mettre en place les chambres d’agriculture pour faciliter l’intervention des actions de l’Etat en faveur des agriculteurs. Les chambres de commerce ont joué leurs rôles. Il s’agira de remettre le pouvoir aux agriculteurs, faciliter la tâche aux chambres de commerce, ce n’est pas de les affaiblir. La section agriculture a été rattachée aux chambres de commerce en 1989. Il faudra s’organiser pour avoir le pouvoir» a indiqué M Tidiane Sidibé, secrétaire d’Etat, Directeur de cabinet à l’Accompagnement et à la Mutualisation des Organisations Paysannes, président du comité de pilotage du processus de réflexion et de création de chambres d’Agriculture.
Les gouverneurs les préfets, les sous-préfets vont vulgariser les informations reçues ici le plus loin possible à travers les différentes instances qu’ils dirigent (CRD, CDD, CLD). A la suite de ces rencontres, ils vont concevoir un document consensuel qui vient de la base.
« Tout métier doit conduire vers la professionnalisation, la qualification. la base de l’économie rurale c’est l’agriculture (élevage, pêche).. là où la côte d’ivoire et le mali ont réussi le Sénégal ne doit pas être en reste. L’accompagnement des producteurs se fera en termes de financement, d’appuis conseils, de recherche et de formation technique. La chambre d’agriculture sera une instance de concertation, de dialogue entre agriculteurs et éleveurs. Nous sommes à une étape de réflexion, c’est aux producteurs et aux différents acteurs de donner les contenus » a précisé M Moustapha Lô Diatta, secrétaire d’Etat, à l’accompagnement et à la mutualisation des organisations paysannes.
A terme, la chambre d’agriculture sera à même de trouver des solutions aux problèmes liés à la divagation du bétail, aux feux de brousse et au foncier en donnant un avis sur les délibérations de la mairie pour que des terres agricoles ne soient pas ôtées des mains de producteurs au profit d’autres.
Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com