Si on disait que la démocratie sénégalaise marche à reculons?

Depuis quelque temps, nous, Sénégalais, avons constaté des choses qui font reculer notre démocratie sur plusieurs plans : le non-respect à la constitution, l’iniquité de la justice, la gestion obscure et inique des derniers publics,  le non-respect au calendrier républicain et la trahison  à la parole donnée. Toutes ces choses citées ci-haut et bien d’autres nous font dire cela. Et pourtant des citoyens sénégalais ont sacrifié leur temps, leur fortune et même leur sang pour faire cesser les dérives libérales. Aujourd’hui, le régime du président  Macky Sall est en train de trahir les valeurs pour lesquels les Sénégalais se sont battus.

Le non-respect à la constitution : le droit à la marche est garanti par la constitution, or il est actuellement fréquent qu’on interdise des marches sans se soucier de la violation de la constitution. La constitution a été piétinée pour la première fois lorsque le président a dissous le Sénat sous prétexte des inondations, cela ne se passe dans aucun pays qui respecte ses instituions. Et depuis cette dissolution, on a rajouté dans notre arsenal institutionnel deux autres chambres qui n’ont aucune utilité publique si ce n’est que de caser des partisans politiques.

L’iniquité de la justice : la justice avec le régime du président Macky Sall semble être utilisé tantôt comme un bâton afin de faire taire l’adversaire politique, tantôt comme une carotte pour protéger l’allier. La justice avec les apristes, selon que vous êtes marron ou bleu, elle vous rendra innocent ou coupable. Le meilleur exemple pour illustrer cela, c’est l’affaire de Barthélémy Dias. Il s’est mis devant les caméras sénégalaises afin de reconnaître un meurtre. Et pourtant, comme il était marron, on l’a fait sortir discrètement de la prison et promu député. Mais dès l’instant qu’il a cessé d’être marron et redevenir  rouge vert, il n’est plus considéré comme un député du peuple, mais comme un assassin. C’est pour cela qu’il est convoqué à nouveau au tribunal.

Une gestion obscure et inique : un ministre de la bonne gouvernance ou une Ofnac tout cela pour mieux leurrer les sénégalais. Rien, je dis bien rien, n’est transparent dans la gestion des apristes. En guise d’exemple, l’affaire arcelorMittal suffit pour montrer un scandale financier. Après s’être vu confier le projet d’exploitation du gisement minerai de fer de Falémé, (au sud du Sénégal), compte tenu la chute du fer, et la situation financière mauvaise du groupe ArcelorMittal, l’Indien a fini par se retirer. Trainé en justice, il devait payer 5 milliards $ selon le cabinet américain Gustavon Associates, mais il a fini par versé 150 millions $ dans le compte de l’avocat personnel du président Macky Sall. Ce qui fait que cette affaire est non seulement un crime financier contre peuple sénégalais, mais une haute trahison. Cela ne peut se passer dans aucun pays où il y a une transparence.

De plus,  on ne peut parler de la transparence en omettant l’affaire du petrotim. Les Sénégalais trouvent cette affaire très obscure voire scandaleuses. En plus de cela, la sortie de Franc Timis ne fait que révéler la vraie personnalité de la personne avec qui le Sénégal a affaire. Le premier ministre, lui aussi, ne fait que nous laisse persister dans notre doute. Car si l’on comprend ses dires, il y a deux petrotim, à savoir le petrotim lmited, basé aux iles caïman et le petrotim plus connu au Sénégal, attribué à Aliou Sall. Ceci ne fait que confirmer les soupçons des Sénégalais.

Le non-respect au calendrier électoral : Macky Sall en tant candidat, le président Macky en tant institution a donné sa parole aux Sénégalais en affirmant qu’il ne fera pas 7 ans, mais 5 ans, une promesse qu’il continuera à marteler jusqu’à ce qu’une mascarade de consultation du conseil constitutionnel arrive, et ainsi que le président a fait du « wax waxèt ». Et encore pour masquer sa trahison, il convoque un référendum où il fait aussi un mensonge d’Etat,  car on affirme mettre 3 milliards dans le référendum alors qu’en réalité c’est 10 milliards selon Ousmane Sonko.

En outre, il y a quelques jours, on entend Djibo Ka réclamer le cumule des élections législatives et celles présidentielles. Ce qui revient à demander d’augmenter la durée du mandat des députés. Ceci constituer une violation grave des règles de la démocratie.

La trahison à la parole donnée : ce qui sera une tache indélébile dans le parcours du président Macky Sall, c’est son refus de ne pas respecter sa promesse qui portait sur la réduction de son mandat. Aujourd’hui, Macky Sall incarne aux yeux des Sénégalais la notion de « wax waxèt ».

Lorsque l’on regarde toutes ses affaires, nous nous demandons si l’on peut nous fier à la parole du président Macky Sall. Chaque fois qu’il nous fait une promesse, on voit l’inverse.

 

Serigne Mahmodane Mbacke fils de Serigne Cheikh Khady