Ce qu’on ne vous dit pas sur Sénégal Airlines…Des règlements de comptes entre la direction et les agents gênants

Janvier 2011, premier vol de Sénégal Airlines avec beaucoup d’espoir pour le tourisme du Sénégal. 5 ans plus tard, c’est l’amertume, la désolation, les lamentions qui animent la compagnie nationale. Le personnel a crié haut ce matin son ras-le-bol
Lors d’une conférence de presse ce vendredi, le Collège des déléguées de Sénégal Airlines n’a pas mâché ses mots, à l’occasion de cet anniversaire de malheur, pour dénoncer les aberrations, la mauvaise gestion et l’insouciance de l’Etat face à la descente aux enfers de la compagnie nationale.
En effet, le personnel vit un calvaire, une injustice et l’indignation depuis des années. Mais le comble qui les exaspère, c’est la décision du Directeur Général de la compagnie de mettre en chômage technique une centaine de jeunes salariés pour une année.
«C’est un règlement de comptes. Le Dg veut se débarrasser des personnes gênantes. Il y a un gang qui prend 30% des ressources de la compagnie alors que nous ne faisons pas de bénéfice. La direction se paie des millions en indemnités. Or, le personnel n’arrive même pas à avoir 10.0000 francs par mois. C’est de la méchanceté», déplore Moustapha Diakhaté, porte-parole du Collectif des délégués de la boîte tout en exigeant «justice et équité».
Il déplore par ailleurs que, la compagnie Sénégal Airlines qui faisait 30% de l’activité aéroportuaire, ne se suffise pas aujourd’hui à moins de 5% pour ne pas dire 0%. Sans oublier dit-il, les 4 mois d’arriérés de salaire.
La compagnie a cumulé plus de 60 milliards de pertes en quelques années d’exploitations. «C’est à eux (Ndlr : la direction générale) d’aller en chômage technique car il n’arrive pas à redresser la société», cogne le porte-parole Moustapha Diakhaté.
Son adjoint, Jean Louis Diagne, d’annoncer un suicide collectif, si rien n’est fait.
En attendant, ils comptent saisir Dame justice et un pool d’avocats puisqu’un chômage technique d’un an n’existe qu’au Sénégal. Tout cela, note-t-il pour dire, qu’au même moment, de nouveaux salariés sont nommés aux postes libérés par le personnel en chômage technique, sans aucune forme de procès. De même que des retraités sont maintenus au détriment de jeunes compétents.