« CAZ’ART URBAN FEST » : Les jeunes de la Casamance ne veulent plus de la guerre, ils exhortent le pardon mutuel

Pendant longtemps on recherche des solutions à la longue crise en Casamance sans les jeunes et le problème demeure avec son corolaire de conséquences. Les principales victimes sont les femmes et les jeunes. D’autre part, les jeunes sont acteurs. Mais dans la recherche des solutions, cette frange de la population n’a pas suffisamment été impliquée. C’est cette pièce manquante de la chaine que l’association casa cult urb (CCU) et USOFORAL ont décidé de remettre à sa place à travers le projet « caz’art urban fest ». Ce projet veut offrir aux jeunesses l’occasion de faire entendre leur voix par les médias qui leur sont propres. L’objectif est de « permettre à la jeunesse casamançaise de s’exprimer sur les conséquences du conflit et de contribuer à la construction d’une paix durable à travers leur engagement citoyen et les différentes formes d’art urbain ». Cela permettra, de façon spécifique, de « mettre fin aux violences et un coup de projecteur sur les conséquences du conflit en particulier sur les jeunes » selon les organisateurs. Le moment sera aussi l’occasion de faire le plaidoyer pour une prise en compte des aspirations des jeunes casamançais. Entre autres buts visés par ce projet, susciter l’engagement citoyen de la jeunesse sénégalaise pour l’avènement d’une paix durable. Plusieurs activités sont prévues dans un chronogramme bien établi pour atteindre les objectifs cités plus haut. En prélude au festival qui se tient à Ziguinchor du 5 au 10 Avril prochain avec extension dans les régions de Sédhiou et Kolda, il y a d’autres activités qui sont en cours d’exécution ou à venir. Il s’agit notamment des concerts publics, des ateliers de formation mais aussi des conférences débats, 12 au total sur le thème : « les conséquences du conflit sur la jeunesse casamançaise et leurs attentes et visions dans la construction d’une paix durable ». L’étape de Bignona a eu lieu ce Dimanche 6 Mars. Les jeunes ont donné leurs avis sur cette crise dans laquelle ils sont nés et ont grandi. Malheureusement, cette question de la crise casamançaise a été pendant longtemps un sujet tabou de sorte que les jeunes n’en savent pratiquement rien du tout. Ils se contentent seulement de subir les conséquences. C’est pourquoi ils exigent des explications de la part des adultes ou des acteurs de cette crise. Mais d’autres estiment qu’il ne faut pas remuer le couteau dans la plaie. Pour eux, ce qui est important aujourd’hui c’est que les casamançais se pardonnent entre eux d’abord et comprennent que les seuls perdants dans cette affaire sont leurs enfants qui vivent dans la peur depuis leur naissance en plus de la stigmatisation dont ils sont victimes. D’où la nécessité d’aller vite vers la paix pour que les enfants nés en Casamance aient les mêmes chances de réussite que les autres vivants dans les autres localités du pays et des autres contrées du monde. Rappelons que l’association CASA CULT URB a été créée depuis 2013 et a pour objectif de fédérer les acteurs autour d’idéaux comme la paix durable et le développement local. Dans ce projet de caz’art urban fest, elle est accompagnée entre autres par USAFORAL, plateforme des femmes pour la paix en Casamance.

L.BADIANE pour xibaaru.