Attentat déjoué à Montpellier: Ce que l’on sait des trois personnes encore en garde à vue

Deux hommes de 20 et 33 ans et une adolescente de 16 ans sont toujours entendus à la Sous-direction antiterroriste de Levallois-Perret.

C’est un « attentat imminent sur le sol français » qui a été évité, vendredi, avec cette opération antiterrorisme qui a permis l’interpellation de quatre personnes à Montpellier, dans un immeuble situé sur l’avenue François-Delmas, à Clapiers, dans une résidence du quartier, réputé tranquille, du Fesquet, et à Marseillan. Deux jours après ce coup de filet, 20 Minutes fait le point sur ce que l’on sait de cette affaire.

 

Qui sont les trois personnes encore en garde à vue ?

Dimanche, trois individus étaient toujours interrogés dans les locaux de la Sdat, la sous-direction antiterroriste, à Levallois-Perret, près de Paris, où ils ont été tranférés au cours du week-end. Parmi elles, figure Thomas, un jeune homme de 20 ans, arrêté à Clapiers.

Dans son appartement a été découvert vendredi 71 grammes d’explosif TATP, de l’acétone, de l’eau oxygénée, des seringues et des gants de protection. Le suspect, originaire des Ardennes, avait été assigné à résidence pendant un an, de décembre 2015 à décembre 2016. Une mesure administrative prise en plein état d’urgence, en raison d’une tentative de départ avorté vers la zone irako-syrienne.

Avec Sarah, l’adolescente de 16 ans interpellée elle aussi vendredi, ils avaient un projet de « mariage religieux », dont ils avaient parlé sur les réseaux sociaux, notamment sur la messagerie cryptée Telegram, très prisée des djihadistes. Le couple est présenté comme « très radicalisé ». Un troisième suspect de 33 ans, était lui aussi encore entendu à la Sdat dimanche. Un quatrième, quant à lui, a été relâché samedi.

 

Que sait-on de leurs intentions ?

L’historique du matériel téléphonique ou informatique saisi chez les suspects vendredi a permis d’identifier des cibles potentielles, dont la tour Eiffel. Mais à ce stade, « on ne décèle pas de préparation précise », confie une source proche de l’enquête à l’AFP. « Un passage à l’acte était prévu, mais on ne sait pas où et comment, explique-t-on. Les enquêteurs pensent qu’un passage à l’acte était prévu, mais on ne sait pas où et comment. » Bruno le Roux, ministre de l’Intérieur, de son côté a confié que cette opération aurait permis de déjouer un projet d’attentat « imminent sur le sol français ».

Pour l’heure, seul l’avocat de la mère de la fille de 16 ans s’est exprimé, samedi. « Sarah est une jeune fille naïve, et fragile, fragilisée notamment par le divorce de ses parents (…) Elle a été manipulée par plusieurs personnes, connues sur Internet, dont un homme qui voulait l’épouser », a noté Me Thomas de la Morlais. Elle s’apprêtait à suivre une formation de couturière, quand elle aurait fait connaissance, en juin, de Thomas, qui a rapidement voulu s’installer chez sa « belle-mère », il y a quelques semaines. « Elle n’a pas souhaité recevoir ce jeune homme dont elle n’arrivait pas vraiment à comprendre les motivations et il s’est installé à son insu dans la cave de l’immeuble », a noté l’avocat.

L'immeuble où a eu lieu une partie de l'opération antiterroriste, à Montpellier (Hérault).

L’immeuble où a eu lieu une partie de l’opération antiterroriste, à Montpellier (Hérault). – N. Bonzom / Maxele Presse

La mère de Sarah a assuré que sa fille était « innocente de toutes les accusations qu’on lui porte, elle a été complètement manipulée, il nous a tous manipulés. Il s’est introduit dans sa vie dans notre vie et voilà où on en est maintenant. »

20 minutes

 

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