Assemblée Nationale : Quand nous sommes dépités par nos députés (Par Aminata Ndiaye)

Il se passe des affrontements dans presque toutes les Assemblées Nationales du monde. Ce n’est pas un phénomène nouveau et ce n’est pas rare non plus. Mais là, ils ne se bagarrent pas pour faire passer une loi qui améliorerait le vécu quotidien des sénégalais ou pour parler du chômage endémique des jeunes. Ils ne se battent pas non plus pour trouver les voies et moyens de sortir notre économie de la liste des 25 les moins performantes au monde, non plus pour relever les systèmes sanitaire et éducatif a genou, ni même pour voire comment retirer les milliers d’enfants qui errent dans nos rues avec des pots et des loques comme vêtements.
Ces « dépités » se bagarrent simplement pour des avantages et autres intérêts personnels ou partisans oubliant que nos priorités sont vraiment ailleurs. Les Sénégalais n’ont vraiment pas besoin d’autant de spectacles dignes des bornes fontaines de jadis. Votre guéguerre tripartite entre libéraux issus d’une même famille disloquée ne nous concerne point. Loin de moi l’idée de prendre parti mais je pense que quel que soit l’homme ou la femme à la tête d’un tel ou tel groupe parlementaire, il ou elle n’intéressera les citoyens que lorsque les intérêts de ces derniers deviendront les siens. Dés lors, une mise à jour s’impose sur l’ordre des priorités et le gap qui existe entre vous nos élus et nous que vous êtes censés représenter. Le peuple semble être en avance sur vous et le comportement irresponsable de certains d’entre vous le démontre.
Honorables, La suppression des équilibres économiques et sociaux du pays est une priorité. La lutte contre les crimes qui sont de plus en plus fréquents au Sénégal est une priorité. La lutte contre la déperdition scolaire est une priorité. La criminalisation de certains délits tels que le viol est une priorité. La lutte contre la mendicité des enfants est une priorité. La lutte contre la dégradation de l’environnement est une priorité. La liste n’est pas exhaustive mais je doute fort qu’elle vous intéresse autant puisque vous ne vous êtes jamais bagarrés pour l’une de ces MAUX.
Si tel est le cas chers mesdames et messieurs, je pense que le mot « Honorable  » devrait peut-être changer de sens pendant votre magistère.
Aminata Linguère Walo Ndiaye