A CHERIF OUSSEYNOU LAYE : 7 ans après, la Diaspora pleure encore le « Docteur de la Jeunesse »

Cette période d’hivernage au Sénégal qui coïncide avec les débuts de la période estivale en Europe reste un moment de souvenir pour la communauté sénégalaise vivant en occident. En effet depuis des années, les sénégalais de l’extérieur avait l’habitude de recevoir le petit fils de Seydina limamoulaye. Cherif avait inscrit dans son agenda annuel une tournée européenne dans le but de faire une revue des troupes. Il avait compris que nul autre que les immigrés avaient besoin d’avoir un saint comme hôte. Le discours de Cherif s’adressaient non seulement aux adultes à qui il rappelait les recommandations divines, mais aussi aux fils d’immigrés qui pour la plupart sont nés en occident par conséquent tiraillés entre deux cultures. 

Il a le mérite d’être parmi ceux qui ont hissé très haut l’étendard de l’islam ,divulguant le message jusque dans les moindres recoins des vallées de la Lombardie (Italie).
Cherif, comme le disait feu Ndongo « gaarmi moo nexaa sopi waliyou cherif ousseynou laye micci taar bi » sa beauté physique rimait parfaitement avec celle morale et l’artiste avait parfaitement raison de dire que c’est un « garmi » car il donnait sans compter et n’était mu que par le désir de porter le message de son grand père le plus haut possible. Comprenant le milieu modou- modou pour avoir eu une expérience à l’étranger , il mettait en garde l’immigré sur le danger que constituait le fait de poursuivre aveuglement la richesse ,rejoignant ainsi Seydina LimamouLaye qui dans un de ses sermons disait :
« ..Ne cherchez pas à vous surpasser les uns les autres dans l’acquisition des richesses de ce bas monde. Cherchez plutôt la concurrence dans l’obtention des richesses de l’autre monde. C’est ça qui procure la fortune éternelle et des honneurs élevés. Ne soyez pas avides des biens de ce bas monde, car ce monde-ci est (comme) un cadavre (impropre à la consommation). Seuls les chiens et les vautours mangent un tel cadavre. Détachez-vous donc de ce bas monde ne le suivez pas, car c’est une demeure qui va vieillir et disparaître. Or sa disparition est proche. … »]

il insistait également sur l’importance pour le modou-modou de venir en aide aux parents et amis qui sont restés aux pays ,mais aussi invitait ces derniers à respecter les limites objectives de ces gens qui bravent le froid la xénophobie et le racisme pour améliorer leurs conditions de vie.
La bonne prestance et la courtoisie du saint homme ont fini par arracher la sympathie des maires de villes italiennes comme Lovere et Sarnico dans la province de Bergame. Au cours de l’un de ses derniers discours le fils de Seydina Issa Laye attirait l’attention du public venu nombreux sur l’importance d’explorer les secrets de l’outil informatique car disait -il dans un futur proche « sera exclu du système celui qui ne saura manipuler l’ordinateur » donc le moins que l’on puisse dire est le futur proche qu’il évoquait avec tant d’assurance est devenu le moment present.
A vrai dire le « docteur des jeunes est certes allé rejoindre les cieux mais la pertinence de ses discours et la contribution qu’il a apportée à l’édifice islamique ne sauraient jamais finir dans les tiroir de l’oubli et ceci confirme l’assertion de l’artiste qui disait : « jambaar buu daanoo jefjaa du nul ndax netaliga »
C’est qui est à retenir est que l’amour que le sénégalais en général et l’immigré en particulier porte à l’endroit de Cherif est indéfectible et c’est important car comme disait l’autre : « le vrai tombeau des morts c’est le cœur des vivants ».

MALICK SAKHO ( BERGAMO, ITALIE).